Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Notre éthique Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Arnaud Bertereau Agence MONA
David Bobée
Directeur du CDN Normandie-Rouen depuis 2013, David Bobée est fermement attaché à la diversité et à la transdisciplinarité. Après "Elephant Man", son spectacle "Warm" mettant Béatrice Dalle face à deux acrobates, va être repris au Rond-Point.
« Warm » a-t-il changé depuis sa création ?
Il y a certaines adaptations, ce ne sont pas les mêmes acrobates, le vocabulaire physique s'adapte à leur personnalité, et Béatrice Dalle amène sur le plateau des choses différentes. Elle s'est beaucoup accaparée le texte. Ronan Chéneau, présent pendant les répétitions, a pu l'aménager avec elle, rejoignant en cela la démarche originelle.

Je note que vous voulez les faire suer... ce que les acrobates n'aiment pas !
(Rires), Le but premier est une étude simple de leur métier. À force d'observer leur virtuosité et leur sensualité, de les voir s'enduire de magnésie pour ne pas suer, je me suis dit que cette contrainte était intéressante, car elle aiguise leur créativité. J'ai donc imaginé un dispositif source de chaleur avec deux murs de lumière, afin qu'ils soient obligés d'aller chercher des solutions dépassant cette technique, qu'ils maitrisent si bien, pour developper un vocabulaire physique plus humain, plus érotique aussi.

En jouant sur l'homme-objet !
J'ai voulu renverser le fantasme hétérosexuel masculin. Ce poème sonore dit par Béatrice vient guider notre regard et il y a un peu de domination dans ce texte. Redonner à une femme la possibilité de fantasmer, c'est une façon de reconnaitre sa complexité et sa réalité, c'est ce que nous faisons avec Virginie Despentes dans "Viri". Ce sont des femmes libres, que j'admire, elles ne s'excusent jamais d'être qui elles sont.

Le travail avec Béatrice Dalle est ancien, vous êtes un homme de fidélité !
Absolument, avec les acrobates aussi, Edward Aleman et Wilmer Marquez que j'ai rencontrés au CNAC, puis engagés sur plusieurs spectacles et accompagnés pour qu'ils implantent leur compagnie en Normandie. Aujourd'hui, ils cartonnent vraiment. J'aime ces aventures qui durent dans la confiance et la liberté réciproques. C'est pourquoi je m'entends si bien avec Béatrice Dalle : essayez de lui mettre un fil à la patte... ! (Rires)

Pour dire un mot maintenant d'«Elephant Man», que pensez-vous de certaines réactions qu'il a suscitées ?
Il y a deux choses : les réactions du public debout à la fin tous les soirs et celles de la critique.
En tant que metteur en scène du théâtre public, engagé, militant, me voir avec une production privée aux Folies Bergères, avec notamment JoeyStarr, dérange peut-être.
Vous savez, j'entends les suggestions, quand elles sont pertinentes, j'écoute, je m'adapte, c'est du spectacle vivant ! Par contre, la virulence qu'il peut y avoir parfois me questionne. Ce que j'aime c'est le mélange, je ne me résous ni aux castes, ni aux cases ! Je disais à mes acteurs que depuis le début, je voulais bouger les lignes pour que nous puissions nous rencontrer. Et tout ce que l'on a construit grâce à la force et à la diversité de cette bande-là, j'en suis extrêmement fier !
Interview par Philippe Escalier
Paru le 11/12/2019

-
Haut