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© Kobayashitif


Søren Prévost
Avec "Balance ton père", un spectacle introspectif, pudique et diablement original, Søren Prévost est actuellement à l'affiche du Théâtre Lepic. Après ses confidences enrobées d'humour livrées aux spectateurs, il a continué à nous parler un peu de lui et de sa création.
Pourquoi "Balance ton père" arrive-t-il maintenant ?
Quoiqu'hybride, puisque réalisé avec la participation de Philippe Dusseau, c'est mon quatrième seul en scène. Après plus de douze ans sans avoir refait de spectacle, je me suis interrogé sur l'envie d'y retourner et ce que j'allais raconter. J'ai mis du temps à le construire. Un jour, je me suis remis à travailler dessus, le titre est venu vite, et cela m'a donné une direction.

Pourtant le titre est assez décalé, car c'est du père dont vous parlez le moins !
Oui, cela me ressemble : je ne suis pas là où l'on m'attend. L'on mentionne souvent mon père, je voulais donc parler un peu de ma mère. Et si ce n'est pas une thérapie, cela me fait du bien !

J'ai été sensible à ce paradoxe, votre pudeur très forte que l'on ressent et en même temps, l'envie de vous mettre un peu à nu !
Pour moi, il n'était pas question d'aller vers le croustillant ou le virulent ! Je voulais parler de ce métier, aborder des sujets qui me touchent comme ma femme et mes enfants. Sans tirer vers le larmoyant ou le pathos. Avec Philippe Lelièvre à la mise en scène, on a fait un travail pour qu'il y ait des cassures et du rythme. Mais ce que vous avez vu, c'est moi, tout dans le spectacle est vrai, c'est juste un peu transformé, trituré, upgradé si je puis dire.

C'est presque cruel par moment, vous maniez beaucoup l'autocritique !
Quitte à parler de soi, autant avoir un peu d'autodérision. Mon compagnon de jeu (il est assez extraordinaire) est comme un contre-point permettant de désacraliser la parole du mec qui s'écoute parler.

Comment est venue l'idée de ce partenariat avec Philippe Dusseau ?
J'avais un peu peur de remonter seul sur scène à vrai dire. Je l'ai déjà fait, c'est dur ! Mon partenaire est comme un miroir, capable de me renvoyer dans les cordes. De plus, je tends le bâton pour me faire battre mais c'est aussi ce qui m'amuse.

L'exercice que je viens de voir est très périlleux et vous le réussissez parfaitement. L'on comprend pourtant que vous vous êtes interrogé sur votre métier. Si vous n'aviez pas été comédien, qu'auriez-vous fait ?
Comme beaucoup, j'ai eu longtemps le syndrome de l'imposteur ! J'ai fait des études de droit et d'anglais et je voulais devenir avocat. Mais je n'ai pas trop supporté l'université de Nanterre !

Dernière question générée par votre titre : Søren est quel genre de père ?
Je suis chiant...(rires) ! Je me suis toujours beaucoup occupé de mes enfants. J'essaie de veiller à ne pas être trop lourd et à garder la bonne distance, mais c'est un sacré boulot !
Interview par Philippe Escalier
Paru le 29/11/2019

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