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© Klimt


André Manoukian
Le Chant du périnée
Avec tendresse ou drôlerie il évoque son enfance, son rapport aux femmes, ses rencontres, son amour de la musique et des voix, de l'improvisation et de ce jazz qui l'habite, lui qui n'a jamais dévié de sa ligne de conduite, malgré sa notoriété télévisuelle.
" Voilà, "Le Chant du périnée" est un peu l'aboutissement, sur le mode humoristique, de tout ce que je vous ai raconté. Je tombais toujours amoureux des chanteuses. La première fois que j'ai entendu une belle voix, je me suis mis à transpirer de la moustache, une inondation ! Je ne comprenais pas, mais on m'a expliqué que le chant venait du périnée. Ça ne pouvait plus durer, alors mon médecin m'a prescrit une cure de désintoxication et m'a dit : "Mets ta libido dans ton piano !" Le vrai titre du spectacle devrait être : "Du périnée de la chanteuse à la moustache du pianiste" mais je n'ai pas osé !" dit-il en riant. "Enfin voilà, porté par l'amour de cette musique, je reprends les choses là où je les avais laissées quand je suis parti me perfectionner à la Berklee School de Boston, car le jazz demande un apprentissage très rigoureux. J'avais mis un peu d'Orient dans mon jazz, et créé mon propre son."

Ce «"Chant du périnée" nous conduit - il n'y a que lui pour emprunter de tels chemins - aux Égyptiens de l'antiquité, aux castrats de la Renaissance, aux grandes voix du jazz, à Mozart, Beethoven, Wagner et à tant d'autres... Une histoire de la musique inédite, expliquée et pianotée par un amoureux du piano, par un musicien qui partage avec humour son érudition, par un homme enfin qui devant l'appel des sirènes commerciales a su rester lui-même.

Fats Waller, c'était Jean-Sébastien Bach avec du rythme, c'était ma musique !


Mais quelle idée alors d'avoir commencé des études de médecine pour les abandonner presque aussitôt ! "C'était pour faire plaisir à mon père qui était fils de rescapés du génocide et qui a été obligé de tirer l'aiguille dès douze ans. Il était autodidacte, il adorait la musique classique jouait du piano et du violon, et vous voyez tous ces bouquins, là, ils étaient à lui ! Moi, j'étais très habile de mes mains alors son rêve était que je devienne chirurgien. Pour lui faire plaisir, bien que la littérature et la philo étaient mes matières de prédilection, je me suis tourné vers les maths et la médecine. Mais bon, finalement ce n'est pas très éloigné de la musique, les mathématiques !" Seulement voilà, la vie met parfois sur votre chemin des rencontres magiques qui éveillent en vous d'autres envies, comme un disque de Fats Waller "Du ragtime, c'était Jean-Sébastien Bach avec du rythme. C'était ma musique ! Et surtout j'étais fasciné par l'improvisation." ou une voix, celle de Liane Foly avec laquelle il travaille et dont il partage un temps la vie... "Sans avoir l'idée d'être musicien, j'étais amoureux du piano, j'en faisais depuis l'âge de six ans. Mais lorsque j'ai annoncé à mon père que je voulais être musicien, j'ai eu des heures d'anathème ! Je brisais son rêve. Ce qui est sûr, c'est qu'avec cette pression paternelle, j'ai su très tôt qu'il fallait que je sois entrepreneur, et le paradoxe était de servir une musique qui n'était pas commerciale tout en étant autonome et libre. Et aujourd'hui, je fais cent concerts par an !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 17/12/2019

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