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© Fabienne Rappeneau


Bertrand Thamin
élu Président du Syndicat National des Théâtres Privés
En 2006, Myriam de Colombi le choisit pour codiriger avec elle les deux salles du théâtre Montparnasse. Bien qu'il déplore, face à ces deux fonctions, que les journées ne comptent que vingt-quatre heures, il est heureux d'en parler.
Bref retour en arrière : s'il lui consacre depuis plus de trente ans sa vie professionnelle, c'est qu'il fut plongé très jeune dans ce bain-là grâce à son oncle Jean-Louis. "Il a dirigé des théâtres subventionnés et fait beaucoup de mises en scène. Depuis tout petit, j'ai assisté à ses spectacles et bien que n'ayant pas de vocation artistique particulière, j'ai toujours eu une grande appétence pour le théâtre." Ses études de Lettres Classiques et de gestion lui offrent ensuite "Un débouché assez naturel !" dit-t-il en s'amusant de ce retour vers son futur qui le voit rapidement nommé Administrateur Général du théâtre de la Madeleine dirigé par Jean Desailly et Simone Valère, puis Administrateur Général du Montparnasse avant d'en devenir codirecteur.

De l'intérêt des théâtres et de celui de ses spectateurs.


Sans entrer dans des détails techniques, quelles sont les activités du Syndicat ? "Notre rôle est de défendre les intérêts collectifs des théâtres en trouvant leurs dénominateurs communs. Exemple : le directeur du théâtre de la Huchette doit être aussi bien représenté que celui du théâtre de la Porte Saint Martin. Mais nous visons aussi à améliorer la relation directe avec le public, ainsi que le confort de nos salles notamment en repensant l'espace pour les jambes. Nombre de nos théâtres datent du XIXe siècle et la population a beaucoup grandi depuis. Le cinéma a fait sa révolution, nous devons, nous, après la climatisation, continuer à rattraper notre retard."

De l'inquiétude à l'optimisme


Après quelques années difficiles, la profession affiche un certain optimisme, expliquez-nous. "Pour la première fois cette année, nous remontons la pente en terme de fréquentation et de recettes. Je constate aussi le rajeunissement du public, les trentenaires, quadragénaires retrouvent le chemin de nos salles. Ce n'est que mon interprétation, mais ils ont peut-être envie de sortir de cette profusion numérique pour retrouver la vie, le contact, et toutes les émotions que procure le théâtre ? Enfin, nous constatons depuis plusieurs années le phénomène des succès de longue durée, comme il y a quarante ans." Ce qui ne semble pas nuire à la création contrairement à ce que l'on pourrait penser ! "Mais oui, nous avons aujourd'hui un foisonnement de jeunes auteurs talentueux, et la multiplication des horaires, surtout dans les petites salles, permet d'ouvrir les portes à cette création. " "Rouge", "L'un de nous deux", "Madame Zola"... Les programmations actuelles du Montparnasse attirent incontestablement le public dont les jeunes ne sont pas absents ! "Notre opération 10 euros pour les moins de 26 ans attire de nombreux étudiants. Nos propositions visent à trouver des textes qui ont une portée, et il y en a ! Notre public vient donc à la fois se distraire et apprendre des choses. Le plus difficile pour les théâtres est de réussir les distributions, les comédiens, souvent liés à des projets au cinéma, sont victimes des calendriers liés à l'incertitude des financements... Mais nous y parvenons !"
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 13/11/2019

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