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Alexandra Stewart
D.R.


Le Talentueux Mr Ripley
Interview d'Alexandra Stewart, Benoît Solès et Thierry Harcourt.
Qui ne connaît ce roman mythique, plusieurs fois adapté au cinéma, dans lequel un jeune homme pousse la fascination pour un autre jusqu'au crime ? Phyllis Nagy en a tiré une pièce créée pour la première fois à Paris par Thierry Harcourt.
Thierry Harcourt :
metteur en scène comblé

Parisien ayant adopté Londres, comédien devenu metteur en scène, Thierry Harcourt aime mélanger les genres. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer ses dernières productions. Après Outrages aux mœurs, (retraçant les trois procès d'Oscar Wilde) il monte Polyeucte, Shopping and Fucking, L'Air de Paris, travaille avec Annie Girardot. À quoi s'ajoute la sortie prochaine de son premier long-métrage. Au sujet de Ripley, il explique que fan de Patricia Highsmith, il a acheté les droits de cette pièce au moment de sa sortie, il y a sept ans. "Elle s'est jouée uniquement dans un petit théâtre en dehors de Londres et je l'ai gardée dans un placard. Désireux de retravailler au théâtre avec Benoît Solès, je me suis souvenu de Ripley ! Laurent Sillan (comédien distribué dans la pièce ndlr) dont j'adore l'écriture, a fait un très bon boulot d'adaptation." Adapter le roman était déjà un exploit réussi par Phyllis Nagy auquel Patricia Highsmith, impressionnée, a donné sa bénédiction. Tout comme le Théâtre 14 inscrivant Le Talentueux Mr Ripley au programme pour novembre 2004. Les choses se sont accélérées et la date avancée.... d'un an ! Malgré cela, la distribution de départ a peu changé. Thierry Harcourt fait les présentations : "Aux côtés de Benoît Solès et d'Alexandra Stewart, on trouve Mathieu Delarive (ndlr on a pu le voir dans "Un été de canicule" sur France 2), Danièle Arditi, Dominique Plaideau, Laurent Sillan et Michel Robbe. Ce sont des comédiens avec qui je voulais vraiment travailler. J'ai eu la chance qu'ils soient libres à ce moment-là." En revanche, faire vivre ce scénario qui oscille entre rêve et réalité, truffé de flash-back est moins évident, surtout sur un plateau presque nu. Pour répondre au défi de créer des lieux différents (New York, Venise, Mongibello), Nicolas Voulzy et Charles Souchon ont été sollicités pour enregistrer une bande-son au rôle essentiel. "C'est tout sauf linéaire, donc complexe. Un défi bien excitant !", conclut Thierry Harcourt.

Benoît Solès : son plus beau rôle
Incarner Tom Ripley ne peut que convenir à cet acteur entrant si facilement dans la peau de ses personnages. Avec une grande force de conviction, il fait partager sa vision de son rôle et de la pièce : "La psychologie de l'œuvre démonte ce qui pousse Ripley à tuer. Il a pour cela des tas de raisons et une logique, profonde, impérieuse. Il ne peut se réaliser qu'en prenant l'identité et la vie d'un autre. J'ai interprété quelques rôles, j'en ai lu pas mal, mais c'est le plus fascinant et le plus complexe que je connaisse. La pièce va encore plus loin que le film dans l'introspection du personnage et le public a l'impression d'être dans sa tête." Du grain à moudre pour Benoît Solès qui carbure aux défis. 2003 lui en aura réservé quelques-uns : trois pièces et deux films dont One Dollar Curry de Vijay Singh, comédie dans la lignée de Fish and Chips et une tournée avec Romain Bouteille et Danièle Arditi dans Tout est bien qui finit bien, durant l'été dernier. "Pas question d'accepter n'importe quoi, mais je veux jouer le plus possible. Comme un chanteur a besoin de faire des vocalises, un acteur a besoin de jouer. D'ailleurs, lorsque je décroche un rôle-titre comme celui de Ripley, toutes mes expériences passées deviennent utiles pour aller piocher de quoi nourrir ce personnage énorme !"

Alexandra Stewart : une grande carrière
"J'aime les choses un peu exagérées, hautes en couleur." À l'image de ce double rôle dans Le Talentueux Mr Ripley qu'Alexandra Stewart a accepté, même si, au départ, elle y voyait plutôt d'autres comédiennes. Mais dit-elle "Thierry Harcourt a insisté, je ne pense pas qu'il soit suicidaire, alors je l'ai suivi". Leur rencontre s'est faite durant les représentations d'Outrages aux mœurs. Tous deux partagent le goût de voir jouer les autres et le courant passe vite entre ces deux anglophones. Pour parler de ses amis, Alexandra Stewart emploie volontiers le mot famille. Une famille éclatée pour celle qui a tourné un peu partout dans le monde. Certains membres ont disparu, laissant un grand manque, tel Truffaut (avec ce proche elle a fait La Nuit américaine et La mariée était en noir) ou Pierre Kast grâce à qui elle se fait remarquer dans Le Bel Âge. "J'ai eu la chance de rencontrer John Huston qui m'a donné un rôle de désaxée dans Phobia." Plus près de nous, elle tourne avec François Ozon Sous le sable. Curieux parcours que le sien qu'elle résume d'une phrase : "Je viens du théâtre et du cinéma d'art et d'essai, mais j'ai tout fait depuis le feuilleton jusqu'aux pièces de Boulevard." D'ailleurs son dernier rôle n'était-il pas dans Faut-il tuer le clown ? de Jean-François Champion. "C'était pour moi un travail comique inhabituel avec un personnage qui boit et qui se lâche." Cependant, et l'on pourrait s'en douter, ses préférences la poussent vers le théâtre anglo-saxon, que ce soit celui de Noël Coward ou Tom Stoppard, "forcément, je ne me vois pas massacrer les dialogues de monsieur Paul Claudel", lance-t-elle !
Portrait par Philippe Escalier
Paru le 16/11/2003

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