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© Thomas Vallaire


Michèle Garcia
Le temps de la consécration
Depuis quelques semaines, Michèle Garcia célèbre ses retrouvailles avec La Michodière où elle a déjà connu un long succès dans "Espèces menacées". Au cinéma, parmi de nombreux rôles, elle a été madame Santini ("Le Placard"), puis la femme de "Monsieur Batignole", films ayant comme un goût de récompense. Dans "Daddy Blues", elle joue l'acariâtre madame Merril de la Ddass venue "livrer" un enfant et renoue avec ce registre comique qui lui va si bien.
On dit souvent que le théâtre est une histoire de "familles". Votre parcours en est la preuve !

En effet ! J'ai tourné Les Tiers-Mondains à Cuba, un téléfilm d'Éric Civanyan. C'est lui qui m'a proposé Espèces menacées où j'ai rencontré Martin Lamotte et Gérard Jugnot. Martin voulait qu'on reparte pour une autre aventure, d'où Daddy Blues. Quant à Gérard, il m'a testée au cinéma avec Meilleur espoir féminin, puis m'a donné un jour le scénario de Monsieur Batignole en prononçant cette phrase magique : "Si ça te plaît, c'est à toi !" Je l'ai lu deux fois, sans pouvoir y croire !

Vous avez réussi à ne pas être prisonnière d'un registre ?

Ma chance est d'avoir une allure passe-partout, à l'opposé d'un physique de jeune première. Les rôles dramatiques, plus émotifs, et plus consistants, me sont confiés par la télé ou le cinéma. Au théâtre, je reste dans le domaine très prisé de la comédie. C'est parfait ainsi !

Dans votre carrière, vous avez dû connaître des déclics, des périodes charnières ?

Au début, j'ai vécu des mois sans jouer. Le moindre rendez-vous est "énormissime", alors forcément, on le loupe tant on est stressé ! À un moment donné, j'en ai eu tellement marre que j'ai décidé d'arrêter. Je n'en pouvais plus des "On vous rappellera !".
J'ai pris une poubelle, mes photos, mes CV et j'ai tout déchiré. Mon ami m'a proposé de sortir pour me changer les idées. Le hasard a fait que j'ai rencontré, ce soir-là, une actrice qui cherchait une soubrette pour sa troupe. C'était parti pour trois ans et demi, à la Comédie Italienne. Second ras-le-bol après Le Boxeur et la Violoniste, mise en scène par Didier Long au Montmartre-Galabru repris en Avignon, dans les conditions un peu précaires du festival. Une nouvelle fois j'ai vraiment eu envie de passer à autre chose : je n'ai plus l'âge de monter les décors, de vivoter. Et là, coup de théâtre, Caillaux vient nous voir et décide de nous programmer aux Mathurins !

Vous faites partie de ces gens qui aiment arriver de bonne heure au théâtre, n'est-ce pas ?

Les premiers jours, je n'ai pas mieux à faire que d'être très tôt dans ma loge. Ensuite, quand j'ai "tout dans les pattes", je viens une heure et demie avant, pour prendre mon thé, papoter avec mes camarades. Il faut du temps pour décompresser. Pour moi, le théâtre c'est une église, un lieu sacré. Je ne peux pas rentrer avec mes bottes crottées, je dois passer par des sas de décompression, faire comme les médecins qui se changent et mettent une blouse avant l'opération !

Télégramme
Michèle, qu'est-ce que j'apprends ? - stop - Tu ferais des étincelles tous les soirs à La Michodière - stop - Tu brûlerais les planches sur scène... - stop - Tu enflammerais, que dis-je, tu embraserais le public ardent... - stop - On a déjà eu la canicule cet été, tu vas te calmer... - stop - Je t'embrasse froidement - stop. Gérard Jugnot
Interview par Philippe Escalier
Paru le 15/11/2003

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