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©Laurencine Lot


Avignon 2019 - Le Choix de Gabrielle
Écrite et mis en scène par Danielle Mathieu Bouillon, la pièce est interprétée par Sylvia Roux et Bérengère Dautun avec laquelle j'ai eu le grand plaisir de m'entretenir.
Avant Avignon, elle joue sa pièce "Dame celeste et le diable délicat" au Studio Hebertot. A peine a-t-elle le temps de souffler entre les scènes où elle se produit, l'écriture, ses adaptations d'œuvres littéraires et ses mises en scène. Après trente-sept ans passés à la Comédie Française, qu'elle quitte en 1997 et dont elle est Sociétaire honoraire, Bérengère Dautun fonde en 2009 sa propre Compagnie : Titan-Bérengère Dautun. Une association dont la devise empruntée à Antoine Vitez est «Théâtre élitaire pour tous». Son but ? Trouver et produire des textes capables d'offrir au public ce théâtre élitaire accessible à tous auquel elle tient tant, et témoignant de destins exceptionnels. « Il n'y a que ça qui m'intéresse dit-elle enthousiaste. »

La pièce :

Entre l'écriture, la mise en scène et l'interprétation, elle est portée par trois femmes à fleur de cœur passionnées par le théâtre et tout ce qu'il peut apporter d'humain à notre réflexion. Le lien intellectuel et affectif qui unit Sylvia Roux, jeune directrice du Studio Hébertot également auteure, comédienne, enseignante, et Bérengère Dautun, fait de chacune de leurs apparitions un voyage émotionnel, dont le public ressort bouleversé comme c'est le cas ici. « Après la merveilleuse aventure de l'an passé, "Cantate pour Lou Von Salomé" que j'avais écrite pour Sylvia, nous cherchions un sujet fort pour jouer de nouveau ensemble. Puis Danielle, qui est une grande amie et qui nous connait bien, est arrivée un jour en nous disant : « Ça y est ! J'ai écrit pour vous. »

Ce fut un choc. Elle avait concocté une histoire magnifique puisant à la fois dans la fougue de Sylvia et dans notre douleur encore vive à toutes les deux d'avoir perdu nos si chers époux, Serge Bouillon pour elle et le professeur Cabrol pour moi, ainsi que dans notre croyance que tout ne prend pas fin avec la mort, que la communication et l'amour perdurent. Le thème de la pièce tourne autour d'une question brûlante : Comment ne pas aider quelqu'un que l'on aime profondément et qui vous supplie tous les jours de le faire, à mourir ? C'est un sujet magnifique sur le don de soi, à travers l'histoire d'une infirmière qui par amour a donné la mort à sa meilleure amie et s'en trouve condamnée. Un drame qui l'a détruite, jusqu'à l'arrivée d'un homme dans sa vie. Celui dont elle porte le deuil vingt ans plus tard.

Au début de la pièce, assise devant sa tombe elle parle au défunt, lorsqu'elle s'aperçoit qu'une jeune fille au comportement curieux lui tourne autour et finit par lui apprendre qu'elle adore le calme des cimetières, qu'elle est ethnologue et prépare une thèse sur la façon d'appréhender la mort dans les différentes civilisations. Commencée de manière peu amène, leur relation évolue tout au long de la pièce, marquée par deux rebondissements inattendus. Je pourrai conclure en disant que la mort peut guider celui qui est en vie, l'aider à grandir, et que quoi qu'il arrive il faut être positif et vivre ! »

À L'Espace Roseau Teinturiers, à 11h30
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 20/06/2019

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