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© Vincen tPontet


Denis Lavant
dans une création, au théâtre de L’Œuvre
"Le Sourire au pied de l'échelle" d'Henry Miller est l'un des deux textes préférés de son auteur, et le plus méconnu. Bénédicte Nécaille met en scène l'adaptation qu'en a faite Ivan Morane et pour interpréter l'histoire singulière d'Auguste, Denis Lavant était une évidence.
Ce que raconte Henry Miller dans cette « étrange histoire » :
Auguste ne se satisfait pas d'être ce que l'on attend d'un clown, bien qu'il remporte soir après soir tous les suffrages. Mais il arrive qu'une machine bien rôdée se grippe et Auguste quitte la scène sous les huées du public. Commence alors une longue errance à la recherche de lui-même entre l'être et le paraître. Quel est ce rire installé entre le monde et lui ? De rencontres en rencontres, il parvient enfin à trouver sa réponse et nous raconte son histoire.

Parlez-nous de ce texte et de ce que vous inspire le clown en général...
Ce texte est une parabole, une fable autour du personnage du clown. Mais pour moi il touche autant à l'artiste en général, le peintre, l'écrivain... Et, curieusement, quand Bénédicte m'en a parlé, je me suis souvenu qu'un jeune écrivain me l'avait fait découvrir quand je tournais "Les amants du Pont-Neuf". Alors qu'en pleine immersion dans ce personnage j'étais au bord de la perte d'identité, ce texte m'a complètement ébloui. Je pense, comme Henry Miller, que « le clown est le poète en action. » et c'est épatant. Il y a dans le clown comme quelque chose d'une personne qui brusquement sort d'elle-même, quelqu'un d'un peu déchu et ça me touche infiniment. Le comédien se met au service du personnage qu'il joue, alors que le clown cultive son propre personnage, celui qu'il crée et devant lequel il va s'effacer. C'est une recherche perpétuelle. Ça me laisse un peu perplexe.

Fasciné par Marcel Marceau, vous avez été formé à l'école du mime avant d'entrer au Conservatoire. N'avez-vous jamais été tenté par le cirque ?
Je me suis adonné à l'expression corporelle, j'avais un tempérament de danseur, j'avais créé de petites pantomimes et tout ce qui touchait au cirque me fascinait, tout ce qui venait des burlesques, de la Comedia dell'arte, que j'ai pratiquée avec Carlo Boso. J'aurais pu aller dans une école de cirque mais j'ai voulu appréhender ce que je ne connaissais pas, c'est-à-dire l'art dramatique, la parole, le texte écrit et la partition théâtrale. J'aime aussi la poésie, ça c'est plus simple, il n'y a pas de règle ! Alors, j'ai été dans les écoles tout en continuant à jongler, à faire du monocycle et à collectionner les petits instruments de musique. Et après toutes ces années, je me rends compte que j'ai surtout travaillé dans le registre classique et dramatique. Le rire est arrivé tardivement avec "Ubu roi", qu'avait monté Bernard Sobel. Il y a eu un peu Beckett aussi.

Vous répétez. Je vois sur le plateau cette grande échelle et autour de vous ces petits instruments. Êtes-vous musicien ?
J'ai appris tout seul, j'ai toujours aimé faire du bruit ! Vous voyez, là j'ai mon petit concertina, ma clarinette, et mon escargot, je suis le seul « escarguociste » sur Paris ! Je vais vous faire écouter. Je peux aussi faire illusion au piano pendant dix minutes ! Voilà, ce texte retentit en moi, il me concerne vraiment, alors vous reviendrez quand tout ça sera cuit ?
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 12/02/2019

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