Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

“On l’a gagné notre public !”
D.R.


Shirley & Dino
S'il existait un patrimoine mondial de l'hilarité, ces deux fantaisistes de génie y figureraient en bonne place ! 2003 sonne pour eux comme l'année de la consécration avec un molière et un retour sur les planches du Théâtre de Paris. Reconnus et adulés, Shirley et Dino n'ont rien perdu de la gentillesse ni de la lucidité empreinte de fraîcheur qui les caractérisent.
Où trouvez-vous l'inspiration de vos sketches ?
Le point de départ est souvent une idée ou un détail vus au cinéma, au cirque et surtout au music-hall. On a découvert par exemple des artistes jouant des airs de Carmen à la pompe à bicyclette ou encore de la flûte avec des bougeoirs. On adore ce genre d'idées. Notre domaine est celui du fantaisiste qui invente des numéros en y mettant de la folie. C'est ce qu'on aime le plus. Alors on reprend des numéros classiques, mais en les mettant à notre sauce.

Comment vos deux personnages sont-ils nés ?
Ils sont nés de notre imagination, à partir de figures qu'on avait envie de créer en toute liberté. Il faut savoir que chez nous, tout part de l'improvisation. Se mettre à table pour écrire, nous on ne sait pas faire ! Notre spectacle à la Nouvelle Ève a été filmé par un copain. À ce moment-là, on s'est aperçus que nous n'avions aucun document. C'est un voisin fou d'ordinateur qui a pris la cassette et a tout retranscrit en une nuit pour qu'on puisse faire un dépôt à la SACD.

En sorte, vous nous expliquez la magie du spectacle qui fait que tout coule de source et marche à merveille !
Quand on cherche intellectuellement à provoquer le rire, ça ne fonctionne pas toujours ! Chez les plus grands auteurs, on ne ressent pas la recherche de l'effet. Nous voulons tout oublier, être dans nos deux personnages et nous exprimer avec leurs mots. Sur scène, on devient quelqu'un d'autre et on ne se voit pas en train de jouer.

Aujourd'hui, vous êtes à l'affiche de grands théâtres. Les petits ne vous manquent pas ?
Il ne faut pas oublier qu'on travaille depuis vingt ans : les théâtres, on les a tous faits ! On n'est pas des usurpateurs : on l'a gagné notre public ! Notre métier, on l'a appris devant huit personnes que l'on comptait derrière le rideau sans avoir le sentiment de galérer, même si, de l'extérieur ça pouvait ressembler à ça. Pour nous c'était notre vie, notre passion, notre argent. Toujours avec cette impression de progresser qui nous a rendus si heureux. Maintenant c'est vrai, les grands théâtres, c'est très agréable.

La télé a permis de vous révéler au plus grand nombre.
Avant la télé on avait fait trois chapiteaux à Paris où on est restés chaque fois trois ans. Et ça marchait formidablement avec un public qui nous suivait, en particulier depuis la Roquette en 94 ! C'était vraiment les curieux du théâtre, mais il y en a beaucoup ! L'émission de Patrick Sébastien nous a boosté, c'est sûr. Il nous a fait décoller en multipliant notre notoriété. Être vu en France par 10 millions de téléspectateurs, c'est énorme. Mais ce que racontaient les critiques avant et après c'est pareil. Le public nous témoigne la même générosité. Et on a toujours vécu de notre travail sans jamais avoir de plan de carrière et en faisant ce que l'on voulait.

Le music-hall n'était pas un choix facile ?
Oh non ! D'ailleurs, pourquoi a-t-on fait des chapiteaux au début ? Parce qu'aucun théâtre ne voulait nous accueillir ! Le music-hall avait une image poussiéreuse, victime du succès du café-théâtre. On a voulu faire revivre un esprit d'humour ayant déjà existé. Vous savez, personne n'invente rien. On redécouvre tout !

Le cinéma a dû vous contacter ?
Pas plus tard qu'aujourd'hui !

Ça vous intéresse ?
Tous les deux, nous sommes de grands cinéphiles, incollables sur le cinéma italien, américain, français. On est très attirés par l'outil différent qu'est le cinéma. C'est une nouvelle aventure qui nous passionne depuis longtemps. On va s'y confronter en faisant les choses par nous-mêmes, de façon artisanale, en remettant l'ouvrage cent fois sur le métier !
Interview par Philippe Escalier
Paru le 15/09/2003

-
Haut