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© Giovanni Cittadini Cesi


François Morel
rend hommage à Raymond Devos, au Théâtre du Rond-Point
François Morel lui aussi « avait des doutes »... Mais un jour Jeanine Roze, productrice des matinées classiques au théâtre des Champs-Élysées, lui demande de venir en parler. C'était l'occasion ou jamais, Raymond Devos s'en allait rejoindre, il y a dix ans, d'autres contrées.
Qu'y-a-t-il d'étonnant, Mesdames Messieurs, à ce que François Morel rende un si bel hommage à celui qui l'avait un jour enthousiasmé en lui ouvrant, sur la scène d'un théâtre de Caen, les portes de l'imaginaire ? Car il s'agit bien de cela, de l'imaginaire, de cet « humour inquiet, de ce doute permanent » face à l'existence, à la mort aussi, dont cet homme-orchestre, ce conteur, ce musicien, ce clown, ce véritable magicien de l'absurde, trop souvent considéré comme un simple jongleur de mots, nous proposait de rire. « C'était un spectacle d'une telle générosité ! Deux longues parties séparées par un entracte, je m'en souviens... » Et le jeune étudiant de s'apercevoir qu'il n'y avait plus de contrôle après l'entracte. Alors, durant trois jours, il a revu la seconde partie, gardant depuis par devers lui son plaisir et son admiration. « Jamais je n'aurais eu l'idée moi-même, jamais je n'aurais osé faire un spectacle sur Raymond Devos ! Mais en regardant les textes de près, je me suis aperçu qu'il y avait ceux qu'il fallait respecter à la virgule près, et ceux qui sont plutôt des entrées de clown que je pouvais ramener à moi en laissant ma nature s'exprimer. Il était important que j'ai aussi cette liberté. D'ailleurs, Devos transformait sans cesse ses spectacles.» De la sorte, cette proposition de lecture-spectacle lui plait et il décide de travailler une fois encore avec le pianiste Antoine Sahler « Pour voir ce que ça pouvait donner ».

Aujourd'hui, on se demande si l'on peut rire de tout. Je trouve que Devos répond de façon tellement singulière à cette question


Connaissait-il intimement Raymond Devos ? Non, pas plus que ça. Il arrive peut-être parfois que l'on n'ose pas ou que la vie ne laisse pas toujours le temps de faire les choses. « Plus tard, à l'époque où j'aurais pu le rencontrer... Je crois qu'il n'était pas fou des Deschiens. Et du coup, je n'ai pas eu non plus la présence d'esprit de l'inviter quand j'étais à Paris, j'aurais dû le faire et je ne l'ai pas fait. » Depuis, Mesdames Messieurs François Morel est devenu à son tour un homme de spectacle, chroniqueur, comédien, chanteur, auteur. De la radio à la télévision, du web aux studios de doublage, face à la page blanche ou sur les planches de France et de Navarre, on tente de le suivre. On aime son œil qui frise, son regard un peu triste sur le monde, ses propos un peu durs, ses révoltes ou sa gaité, sa poésie et son art de dire.

De retour de Bourg-en-Bresse où il a présenté "J'ai des doutes", il dit « J'ai constaté que les gens ont beaucoup ri donc j'en suis très heureux. Aujourd'hui, on se demande si on peut rire de tout. J'aimais beaucoup Pierre Desproges et Coluche, deux références en la matière, mais je trouve que Devos est un peu oublié, alors qu'il répond de façon tellement singulière à cette question ! On a de lui, je trouve, une mauvaise connaissance, lui, allait rire avec Dieu et les étoiles. »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 16/11/2018

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J'AI DES DOUTES   (11 notes)
THÉÂTRE DU ROND-POINT
Jusqu'au dimanche 6 janvier

COMEDIE. J'ai horreur qu'on me prenne mes affaires. François Morel s’empare du phrasé de Raymond Devos. Il rend hommage au clown, jongleur des mots, phénomène rare et maître à penser, à repenser le monde ; à son œuvre consacrée à la vie, à la mort et à l’absurdité qu’on trouve entre les deux.


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