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© Bruno Perroud


Cristiana Réali
joue Tennessee Williams, au théâtre de Poche
Sous la direction de Charlotte Rondelez aux côtés de Charles Templon (qui la mit en scène en 2016 dans « M'man », d' Ophelia Kolb et Félix Beaupérin), elle incarne Amanda dans « La ménagerie de verre ».
Elle fut "La chatte sur un toit brûlant", mise en scène par Patrice Kerbrat, puis la Serafina de "La Rose tatouée", dirigée par Benoît Lavigne. Elle est Amanda. Des rôles auxquels elle offre sans compter sa passion, sa générosité, la gamme étendue des émotions dont elle est capable. Ne joue pas Tennessee Williams qui veut, Cristiana Réali s'impose une fois encore comme une évidence dans l'univers du dramaturge. Mais avant d'accepter le rôle, elle hésite un peu : « Je voyais Amanda légèrement plus âgée, je pensais que j'aurais pu jouer ce rôle un peu plus tard et ne voulais pas tout jouer trop vite pour qu'il me reste quelque chose après ! Puis j'ai trouvé que c'était une excellente idée, que j'avais l'âge du rôle. Quand on la voit entrer dans sa robe, parler des « galants » comme elle le fait, on peut se dire que sa vie n'est pas finie. On vieillit souvent les personnages de Tennessee Williams, sans doute à cause du poids de ce qu'ils ont vécu. »

C'est un théâtre très dans l'instant, pas intello, qui me parle beaucoup


Tennessee Williams offre aux comédiens des personnages à fleur de peau, à fleur de cœur, sensuels, charnels, complexes, écorchés par la vie comme il le fut lui-même dès son enfance. Des personnages aux sentiments exacerbés souvent étouffés par le poids des non-dits, mais qui savent aussi être drôles. « Oui, c'est rare un auteur qui écrit d'aussi beaux rôles, tant pour les hommes que pour les femmes. C'est un théâtre très dans l'instant, pas intello, qui me parle beaucoup, qui me correspond. Amanda représente pour moi toutes les mères, toutes les femmes aussi. Elle est très humaine et, si on la trouve abusive, elle l'est par amour. Je tiens à faire passer le fait qu'elle aime profondément ses enfants, même si elle ne prend pas de pincettes avec eux. Que ce côté matriarcat très fort, qui lui est imposé, ne l'empêche pas de s'abandonner à de petits instants de tendresse.

Ce que je ressens d'elle ? C'est qu'elle pense, sans le dire, qu'elle n'a même pas le droit de mourir, qu'elle ne vit pas pour vivre mais parce qu'elle se demande ce que deviendrait sa fille handicapée, sans argent, sans son frère qui veut partir.... Et, en même temps, j'adore les moments où, un peu comme une vieille Scarlett déchue, elle sent que, si les conditions étaient différentes, elle pourrait plaire. J'aime aussi le fait que chaque personnage a une personnalité très forte, a son histoire et pourrait la raconter.» Cristiana Réali prend grand plaisir à parler de théâtre en général et de celui-ci en particulier. Elle développe, explique sa vision, son travail avec Charlotte Rondelez et ses partenaires. Et si elle n'en avait pas fini avec Tennessee Williams ? « Ah oui ! J'aimerais jouer Blanche, j'en ai vraiment très envie ! "Un tramway nommé désir" dans un grand et beau théâtre avec une distribution magnifique. » Mettre en scène, adapter des textes, faire un seul en scène «mais pas comique». Les envies ne manquent pas à celle qui ne peut vivre longtemps sans le théâtre.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 29/12/2018

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MENAGERIE DE VERRE (LA)   (54 notes)
THÉÂTRE DU POCHE-MONTPARNASSE
Jusqu'au dimanche 31 mars

C. DRAMA. À Saint-Louis, balayée par la crise des années 1930, on découvre l’équilibre précaire d’une famille, dont le père s’est volatilisé. Pour supporter le poids des autres, chacun s’évade et trouve refuge dans un ailleurs. Tom, le grand frère poète, travaille dans une fabrique de chaussures, mais rêve ...


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