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©Ch. Vootz


Le C.V. de Dieu
à la Pépinière théâtre
Jean-Louis Fournier, l'auteur, met ici son impertinence au service de Dieu qui s'ennuie ferme après avoir tout créé. Lui vient alors l'idée de rédiger son C.V. et de postuler dans une grande entreprise. Dirigés par Françoise Petit, Jean-François Balmer et Didier Benureau se livrent à un entretien peu banal.

Didier Bénureau est le DRH.

C'est en pensant à lui pour ce rôle, que l'auteur a adapté son propre texte pour le théâtre. Après un travail d'écriture mené collectivement, le comédien est enchanté de partager la scène avec un Dieu tel que Jean-François Balmer. Alors, qui est ce DRH et comment se présente ce bien curieux entretien ? « C'est un homme simple au fond, un peintre du dimanche à ses heures, qui là, soumet Dieu à un questionnaire afin de lui proposer un éventuel emploi. Ça commence par l'état civil, puis le dialogue s'engage sur la création et l'on arrive même au casier judiciaire, car il en a un bien rempli ! Finalement, on parle davantage de l'homme que de Dieu...»

Mais Dieu se rebiffe et le constat est que, de lui ou des hommes, chacun peut endosser sa part de responsabilité sur l'état du monde ! « Oui, c'est ce qu'on entend dans le texte, et Dieu n'est là que pour dévoiler et dénoncer les horreurs que l'homme peut commettre malgré ses nombreuses qualités, ne serait-ce que parce qu'il en veut toujours plus. » Une situation totalement iconoclaste, vue avec la lorgnette de l'humour bien sûr ! « C'est le fond de la pièce mais il n'y a rien de dramatique, c'est drôle et abordé avec beaucoup de légèreté et... d'enfance, j'allais dire. Dieu est comme un enfant qui a construit une maquette, il y a des choses très rigolotes, par exemple lorsqu'il explique pourquoi il a arrêté de faire des dinosaures... Ce qui dénote aussi une façon très carrée de penser le monde, si l'on est confrontés à des logiques absurdes, elles sont également tout à fait rationnelles. Donc, oui le fond est assez noir, mais c'est toujours d'une grande légèreté. »

Le livre a une vingtaine d'années mais l'auteur nous propose aujourd'hui une pièce qui colle à l'actualité ! « Elle est complètement dans l'air du temps, et ce qui me plait c'est la manière totalement décalée et pourtant juste dont elle aborde l'écologie, la destruction de la nature, œuvre de Dieu. C'est un regard impartial sur les hommes et leurs responsabilités. » Une manière d'aborder les choses qui pourrait titiller les croyants? « Franchement, il faudrait ne pas avoir d'humour et quand on aime le théâtre il faut parfois avoir un minimum d'humour ! »


Jean-François Balmer est Dieu.

Pour avoir déjà joué à la télévision, "L'or du Diable" et "l'Arithmétique appliquée et impertinente", il connaît bien Jean-Louis Fournier et ses écrits. Il fulmine d'ailleurs que "Coup de vieux", adapté de "Mon dernier cheveu noir", n'ait jamais été vu. « Je trouve ça aberrant qu'une chose de cette qualité ne soit passée nulle part ! » Quant à ce Dieu, depuis longtemps l'auteur voyait Jean-François Balmer l'interpréter. Après un premier refus il y a vingt ans, il se décide aujourd'hui. Et s'il préfère toujours laisser le public se faire sa propre opinion, plutôt que de se livrer à des « baratinages » sur son rôle, il acceptera au cours d'une agréable conversation à bâtons rompus, de nous en dire deux ou trois choses. « A l'époque j'avais rechigné, mais là ça m'a paru être le bon moment. J'aime beaucoup le titre qui en dit déjà long ! Et puis je trouve que cet homme qui interroge Dieu sur ses actes le fait de manière intelligente et touchante.

Il faut bien dire aux gens que Jean-Louis Fournier malgré son humour et son ironie, n'a pas pour but de faire rire à tout prix. C'est très fin, ça reste dans les limites, non pas du raisonnable, mais de l'élégance et de la délicatesse. Sans avoir l'air d'y toucher il aborde des questions que l'on peut se poser aujourd'hui quand on voit ce qui se passe sur la planète ! »

On le sait, l'humour aussi fin soit-il, n'est pas partagé par tout le monde de la même manière, Jean-François Balmer va donc devoir jouer serré. « C'est un travail très complexe parce qu'il y a des filtres à respecter. Comme pour un personnage historique, c'est passionnant. Mais j'ai toujours eu face à ça une espèce de timidité devant la responsabilité que ça implique. On ne peut pas improviser n'importe quoi. Là, je voudrais donner à Dieu une profondeur et du temps, alors qu'ils sont là à table tous les deux, que le DRH questionne et n'est pas dans le même rythme.

C'est passionnant de le faire avec un acteur de la dimension de Didier Bénureau qui est extraordinaire. Nous sommes conscients de cette difficulté, mais nous sommes tous les deux d'immenses travailleurs et nous le faisons dans le plaisir. Le spectacle durera environ une heure dix mais on peut en dire des choses dans ce laps de temps ! »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 23/10/2018

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CV DE DIEU (LE)   (28 notes)
THÉÂTRE DE LA PÉPINIÈRE THÉÂTRE
Jusqu'au dimanche 6 janvier

COMEDIE. Le ciel était fini, la Terre était finie, les animaux étaient finis, l’homme était fini. Dieu pensa qu'il était fini aussi, il sombra dans une profonde mélancolie. Il ne savait pas à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le cœur n'y était plus. Il n'avait plus ...


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