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© Bruno Perroud


Mathilda May
"Le Banquet", au théâtre du Rond-Point
« Je suis une oreille géante, une oreille sur pattes. »* Une oreille à laquelle s'ajoute le regard aigu d'une ex grande timide et les multiples compétences de la belle artiste qu'elle est. Après "Open space", c'est au cœur d'un banquet de mariage provincial qu'elle plante le décor.
Ce nouveau spectacle est-il le fruit d'une expérience personnelle ou celui de votre imaginaire ? Sera-t-il dans la même veine que "Open space" ?
Les banquets de mariage je n'y connais pas grand-chose. Pour moi, écrire un spectacle est une démarche artistique, il n'est pas question de reproduire la réalité, mais de l'utiliser pour la transcender. En revanche ce qui m'intéresse et qui rejoint aussi le thème principal de "Open space", c'est la cohabitation forcée dans un seul et même lieu, mais cette fois elle se passe sur le court terme. C'est le même procédé mais avec moins de borborygmes, davantage de musique et de danse.

Une salle, une scène de théâtre, sont aussi des lieux clos peuplés de personnes contraintes de cohabiter ...
Oui, justement, j'aime utiliser le théâtre pour ce qu'il est, un lieu unique dans lequel sont enfermés spectateurs et protagonistes. J'aime utiliser la réalité de l'enfermement, comme si, dans le cas présent, le public assistait réellement à ce banquet et lorsqu'il s'achève, tout s'arrête.

Confortée par le succès de "Open space", allez-vous ici pousser l'humour et tirer le fil encore plus loin ?
Oui, oui, absolument, car il ne s'agit plus d'une journée de travail, mais d'une fête où avec l'alcool la machine s'emballe, certains se découvrent des velléités artistiques, d'autres font leur petit numéro, les gens perdent leurs filtres dans ces contextes là... Ce qui m'intéresse c'est de voir comment ils se supportent, comment les corps s'attirent, se repoussent, se blessent. Faire le choix de se marier, est-ce renoncer à quelque chose ou accéder à autre chose ? C'est un moment charnière où les émotions sont exacerbées, un enjeu important aussi bien pour les mariés que pour l'entourage. Il faut absolument que ce soit réussi, c'est la fête obligatoire... Autant d'occasions pour de beaux ratages ! J'aime extrapoler, prendre la réalité et l'étirer aussi loin que possible, voir ici ce qui pourrait arriver de pire dans un mariage, en fait. Pour moi le comique ne vient que du tragique, de la non accessibilité aux choses, malgré le désir et les efforts que l'on fait pour y parvenir. Il y a à la fois l'impossibilité et l'enchantement, ce paradoxe m'intéresse. En tout cas il y aura des surprises et du rire aussi ! Mais là, je ne veux pas trop en dire...

Un spectacle basé surtout sur le corps et le son, prive les comédiens d'un instrument précieux : la parole. Avez-vous cette fois eu moins de mal à trouver ceux que vous souhaitiez, et à les convaincre d'entrer dans une telle aventure ?
Oui ! Cette fois tout le monde voulait en être. J'en ai auditionné 150 et retenu 10 pour jouer 16 rôles. Ce sont des artistes très complets, ils sont formidables. Vous savez, au fond la parole n'est qu'une petite partie de la communication entre les personnes...

*Mathilda May : V.O. récit paru chez Plon avril 2018
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 10/10/2018

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