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D.R.


Marie-France Mignal
directrice du théâtre Saint-Georges
Ecrit après le décès brutal de son époux pour supporter, peut-être, la douleur face au vide laissé, « A tout à l'heure»* est un hommage à l'amour avec ses hauts et ses bas. Un beau livre sincère et sans fioritures, raconté par une dame que le théâtre comblera toujours de bonheur.
Nous avions rendez-vous pour déjeuner. Sur le mur du fond, une grande et belle affiche dans les tons rouges, parle au passé du théâtre d'en face, crée en 1929. Marie-France Mignal aimerait bien lui faire traverser la rue à cette affiche, mais le restaurateur y tient ! « Ces archives, c'est notre métier... Allez, on va boire un peu, il fait tellement chaud ! » Ses yeux bleus, son sourire, sa vivacité disent son appétit pour la vie. Jolie, son naturel va de pair avec une belle élégance et ses propos traduisent autant la souplesse que la fermeté dont elle a toujours fait preuve dans l'art de mener sa vie et son travail. Elle voulait être comédienne. « Je viens de l'île de Noirmoutier ; petite, les adultes me paraissaient très ennuyeux, j'aimais beaucoup lire, je trouvais les histoires que l'on raconte beaucoup plus intéressantes. "La folle du logis", comme disait Voltaire!». Dans les années soixante elle sort du Conservatoire de Nantes avec un premier prix, puis arrive à Paris. « Pour moi tout se passait là. Dans mon inconscience et ma détermination j'étais sûre d'être reçue au Conservatoire, et je l'ai été. J'ai suivi les classes de Robert Manuel et Fernand Ledoux, et après trois années très heureuses je suis sortie avec un deuxième prix et j'ai travaillé tout de suite. »

Dans notre métier savoir s'adapter est une vertu

Cinéma, théâtre, télévision l'appellent. « Des cadeaux de la vie ! Avec des hauts et des bas quand même ! On ne décide pas tout, mais décider de faire ce qu'on aime c'est déjà bien!» Le jour où en 1984, Georges Herbert, propriétaire du théâtre de L'œuvre, l'encourage à reprendre le théâtre Saint-Georges avec France Delahalle qu'elle connaît bien, elle tombe des nues. « Après six mois de réflexion on s'est lancées. Maria Pacôme nous avait apporté une pièce écrite sur un cahier d'écolier ! France et moi avons appris le métier ensemble, nous étions complémentaires, c'était agréable. Son décès en 2005 a été un grand vertige pour moi et je n'ai pas voulu recommencer cette aventure-là avec quelqu'un d'autre, le monde changeait, j'ai fait des coproductions...»

Plus tard face à une mauvaise passe financière elle se bat « Ma chance a été l'arrivée de Pierre Palmade avec une belle histoire "Le fils du comique."» Si le théâtre change, si « la vie est folle », elle suit. « "Les faux British" marchent bien. J'ai découvert là un côté complètement décalé. C'est une façon de travailler que je ne connaissais pas et c'est formidable, dans notre métier savoir s'adapter est une vertu ! Les enfants adorent le théâtre classique alors on reprend en septembre "Le Malade imaginaire", nommé aux Molière 2018. Et nos cours de philo du lundi sont très suivis ! » Pour se heurter comme les autres aux difficultés actuelles des théâtres, elle est pourtant heureuse et s'amuse de ceux qui mine de rien auraient des vues sur le Saint-Georges : « Je vais très bien, merci ! Mais le jour où j'aurais envie de me reposer je vous le ferai savoir. »

* « A tout à l'heure » aux éditions Dacres, collection L'envers du décor, dirigée par Patricia Hostein.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 17/10/2018

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