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Chantal Depagne


Juste la fin du monde
Philippe Calvario & Jil Caplan
Après de longues années d'absence, un trentenaire revient dans sa famille pour lui annoncer sa mort prochaine. Tout en interprétant le personnage principal, Louis, Jean Charles Mouveaux assure la mise en scène de cette adaptation du fameux texte de Jean-Luc Lagarce sur les non-dits familiaux, pour laquelle il s'est entouré de Chantal Trichet, Philippe Calvario, Jil Caplan et Vanessa Cailhol.

Philippe Calvario est Antoine

Pour quelles raisons ce projet vous a-t-il tenté ?
J'avais dirigé Jean-Charles Mouveaux dans "Roberto Zucco" que j'avais mis en scène aux Bouffes du Nord. Nous nous sommes ensuite perdus de vue et il m'a fait cette proposition en me croisant au festival d'Avignon. Étrangement, je pensais ce rôle loin de moi, c'est ce qui m'a attiré au départ. J'ai ensuite trouvé des connexions intimes avec ce personnage comme rarement dans mon parcours d'acteur. Jean-Charles Mouveaux laisse l'entière place à la parole, ce qui est essentiel pour cette langue. Il ne l'encombre pas de fioritures (aucun son ajouté, un décor unique). Il fait entendre ce texte et raconte vraiment une histoire, la chose la plus simple et la plus compliquée à faire, la chose qui fait le théâtre.

Pourriez-vous nous présenter Antoine ?
On considère souvent le frère de Louis comme une brute. En fait, il s'exprime mal. Il a pris sur lui toute la douleur des autres en comblant leurs manques, en s'effaçant. Dans la pièce, il a enfin droit à la parole : son monologue final est une des plus belles paroles de théâtre - et pourtant j'ai joué "Hamlet" plus jeune ! Cette pièce montre que toutes les familles peuvent vivre les mêmes drames, les mêmes interrogations, les mêmes carences. On se sent moins seul en voyant ces personnages se débattre dans tant de solitude. Ce texte devrait nous donner l'élan pour parler à nos proches, pour les voir, pour profiter d'eux tant qu'ils sont encore là. Antoine me rappelle beaucoup mon père qui n'est plus là et j'ai aussi envie de le jouer pour lui.

Souhaitez-vous nous faire part de projets à venir ?
Je vais monter "La Double Inconstance" de Marivaux au Théâtre 14 avec notamment Géraldine Martineau, Sophie Tellier, Eric Guého, Luc-Emmanuel Betton et Alexiane Torrès. Un projet de troupe sur le dérèglement amoureux. C'est un peu le point en commun avec "Juste la fin du monde."


Jil Caplan est Catherine

C'est en 2014 que nous avons eu le plaisir de découvrir la chanteuse au théâtre dans "Sur la route" de Philippe Calvario, évocation des auteurs de la Beat Generation au travers de textes de Bukowski, Kerouac, Raymond Carver, Henry Miller... Nous la retrouvons aujourd'hui dans le rôle de Catherine, la femme d'Antoine. «Catherine est une pièce rapportée. Elle n'est pas dans la névrose familiale. C'est une fausse timide. Elle essaie d'arranger les choses, de calmer son mari. Elle est aimable avec Louis, l'accueille, met le doigt sur son homosexualité. C'est la seule qui réussit à parler du présent, les autres étant renfermés sur le passé, leurs rancœurs. Ce texte m'a beaucoup plu. C'est un langage familier, quotidien, très difficile à apprendre et à jouer en raison de ses répétitions, de ses redites. Pourtant, dans la vie, quand nous parlons, nous avons ces hésitations, ces besoins de préciser, de corriger. Et Lagarce sait merveilleusement dérouler les mécanismes de la frustration, de la colère, du non-dit, de l'amour refoulé. Je me laisse porter par les autres acteurs, je les écoute beaucoup d'autant qu'il y a de longs moments où Catherine est en retrait et les regarde comme des cocottes-minute sur le point d'exploser. Le théâtre m'a aidé dans mon métier de chanteuse : il m'a appris à me tenir droite et à moins gigoter sur scène ! Au début, pendant les répétitions, je n'arrivais pas à rester immobile car, en tant que chanteuse, on veut occuper l'espace. Ça m'a appris à me centrer sur scène, à exister là, au moment présent, à le savourer et à ne pas le travestir. Le théâtre et la vie sont très proches : on peut jouer faux comme on peut vivre faux. » En parallèle, Jil poursuit sa tournée autour de son dernier album, Romance, et espère poursuivre ses aventures théâtrales. « Il y a des auteurs que j'aimerais vraiment jouer. Mon préféré est Tchekhov pour sa capacité à tout faire comprendre en si peu de mots. Je rêverais de jouer dans "La Cerisaie" ! J'aime aussi beaucoup Copi pour sa truculence et sa violence, et Feydeau pour sa vivacité. »
Dossier par Alain Bugnard
Paru le 05/05/2018

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JUSTE LA FIN DU MONDE   (8 notes)
STUDIO HÉBERTOT
Jusqu'au samedi 30 juin

C. DRAMA. L'histoire d'un jeune homme d'une trentaine d'années, de retour chez lui, dans sa famille, après de longues années d'absence, "pour annoncer, dire, seulement dire" sa mort prochaine. Jean-Luc Lagarce fait exploser le non-dit familial. Acéré, acerbe, drôle et nécessaire, la parole se libère le temp...


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