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D.R.


La condition humaine dépeinte par Beckett
Un huis clos avec pour toile de fond, la fin de vie
Hamm est aveugle. Il n'a plus l'usage de ses jambes. Il va mourir. Ses parents vont mourir. Clov, son valet, va mourir s'il ne part pas de cette maison où il est traité en esclave. Voici les personnages de « Fin de partie ». La farce est terminée, place aux règlements de comptes et à la mort ; seule issue certaine. Samuel Beckett livre ici, sous des accents naïfs, une satire grinçante sur la condition humaine.
Assis sur son fauteuil, sans pouvoir profiter de la vie, ni même pouvoir la regarder, Hamm est aigre. Il en veut au monde entier de pouvoir courir et voir. Surtout à Clov, son valet qui pourrait être son fils ou son compagnon. Clov est usé, mais lui est totalement dévoué. Pour Hamm ce n'est jamais assez. Dans deux poubelles, au second plan, ce sont les parents d'Hamm. Eux aussi ont perdu l'usage de leurs jambes. Dans leurs costumes de noce, usés et tachés, ils attendent que l'on s'occupe d'eux, qu'on leur change leur litière. Ils attendent la mort, tout simplement.

S'il ne se passe que peu de choses dans l'univers de Becket, les situations, souvent métaphoriques, ne sont pas sans faire écho à de tristes problématiques actuelles. Gérer la dépendance, la fin de vie, s'occuper de l'autre, le prendre en charge jusqu'à quel point, rentrer dans son jeu, donner de l'espoir, trouver le courage de partir... À travers ces situations, à première vue absurdes ou décalées, Beckett fait passer des messages.

La recette fonctionne toujours. Quant aux acteurs, le couple Philippe Catoire/Jérôme Keen interprète ce texte avec une telle puissance, que tout le non-dit transpire dans cette mise en scène efficace et parfaitement crédible.
Zoom par Régis Daro
Paru le 18/04/2018

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