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© Bruno Perroud


Ladislas Chollat
Une énergie décuplée
Mettre en scène "Le fils", de Florian Zeller à la Comédie des Champs-Elysées et "Les inséparables", de Stephan Archinard et François Prévôt-Leygonie au théâtre Hebertot, réaliser son premier film au printemps et s'envoler ensuite pour le Japon et la Chine... Bonjour Ladislas Chollat !
Il parle vite, suivant le rythme de sa vie sans doute, mais il offre volontiers un peu de son temps pour évoquer son travail et ce qu'il aime. Ainsi Florian Zeller qu'il retrouve pour la quatrième fois. « C'est la troisième pièce tragique de Florian que je mets en scène. Elle est le point final de sa trilogie, après "La mère" et "Le père". Le thème en est le manque de compréhension entre un enfant et ses parents, l'impuissance que ceux-ci peuvent éprouver face à lui et les conséquences que ça peut avoir. J'aime les pièces de Florian qui parlent avec une grande simplicité de choses essentielles auxquelles nous pouvons tous un jour ou l'autre être confrontés. Elles résonnent comme une sorte de cri douloureux. Je ne suis pas un intellectuel, je réfléchis beaucoup avec mon cœur et son écriture trouve un écho en moi.

Et puis, Florian est un homme délicieux avec qui il est facile de travailler. "Les Inséparables" que je crée à la même période traite aussi de descendance et de transmission. La pièce se passe sur deux époques. Didier Bourdon joue un peintre célèbre en panne d'inspiration, jusqu'au jour où une admiratrice inconnue lui fait don d'un appartement d'où surgira une autre histoire plus vieille de soixante ans, mais dont on comprendra après ce qui les relie. Pour que tout ça soit bien compréhensible je vais jouer sur l'espace, sur les costumes qui seront très tranchés, et je vais faire intervenir la vidéo pour montrer par exemple la tour Montparnasse qui n'existait pas dans la première époque. Quant aux acteurs, excepté Didier Bourdon qui jouera deux rôles et sera présent quasiment tout le temps, les deux équipes ne se rencontreront pas et je ne les fais pas travailler ensemble. C'est étonnant et très intéressant pour un metteur en scène. Je suis vraiment content d'avoir dans les mains deux textes forts qui sont à mon sens de grands sujets de théâtre.»

Je me sens bien dans ma vie quand j'entre dans un théâtre

Il y a ceux qui très tôt ont décidé qu'ils feraient du théâtre ou qu'ils brilleraient un jour emportés par le feu de leur passion, et puis il y a ceux auxquels le hasard a entr'ouvert une porte... «Jeune, je n'ai pas eu la chance d'aller au théâtre ou de suivre des cours. Ce n'est qu'après avoir vu ma sœur jouer dans un spectacle de son lycée que j'ai décidé de faire du théâtre amateur, mais j'ai tout de suite pris conscience de mes limites, j'étais un piètre acteur et je n'étais pas heureux. Puis j'ai eu la chance de rencontrer Gildas Bourdet à La Criée, qui m'a proposé d'être son assistant. C'est avec lui que je suis devenu professionnel et j'ai tout de suite adoré ça ! J'aime qu'une troupe de personnes mette toute son énergie pour raconter une histoire, c'est à la fois assez vain et génial, car si elle est bien racontée elle va droit au cœur des gens. Le théâtre ? Ça évoque pour moi, la joie, le partage, la troupe et je me sens bien dans ma vie quand j'entre dans un théâtre. »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 16/02/2018

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