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D.R.


Christine Delaroche
une “Sensualité bien élevée”*
Parce qu'elle aime les livres depuis qu'elle est en âge de les lire, parce qu'elle aime écrire aussi elle s'est lancée. Le titre est beau avec ses trois mots qui semblent se tourner le dos mais l'habillent si bien...
L'auteur d'une autobiographie a souvent tendance à tourner le portrait du bon côté. L'impression ici est différente. Heureuse et fière de son parcours, Christine Delaroche donne en toute simplicité libre cours à ses souvenirs, prenant à témoin photos et coupures de presse soigneusement conservées par sa mère. L'humour s'invite lui aussi au détour d'une page dans un discret clin d'œil. Ce sont les portes bien refermées d'une époque qu'elle nous ouvre et dans laquelle il est bon de se promener en sa compagnie. La jeune fille de bonne famille fait de sérieuses études mais elle aime aussi s'amuser, ne néglige pas les garçons et rate son bac. Pas grave, elle est en avance et rectifie facilement le tir. « A la Sorbonne j'ai eu comme professeurs Raymond Aron et Vladimir Jankélévitch, ça n'est pas rien quand même, non ? »

Passionnée par le théâtre elle vise pour commencer un enseignement de haut niveau : celui de Tania Balachova qu'elle porte aux nues, puis changement d'ambiance et déception au Conservatoire. Mais le hasard place sur son chemin Claude Barma et ce sera "Belphégor" ! Elle devient la coqueluche de la presse. Pleuvent alors, les dithyrambes et propositions, elle n'est pas seulement ravissante, elle sait aussi jouer, danser, chanter, et des écrans à la scène elle vole, elle tourne même avec le sombre Monty Clift dans un film de Raoul Lévy, tiens c'est vrai ! On avait oublié... Bien entourée, elle sait aussi éviter les pièges d'une célébrité trop vite acquise, flaire le danger lorsqu'il se présente et se protège.

C'est peut-être banal mais ce qui m'intéresse dans la vie, c'est l'humain

« Lorsque j'ai joué "Huis clos" avec Daniel Gélin j'ai pris conscience que je pouvais me laisser envahir par un rôle. L'infanticide... c'était vraiment dur, et puis ma fille était petite alors après j'ai préféré me tourner vers les comédies, bien que ce soit moins considéré que le drame. Pourtant c'est souvent plus difficile ! » Converser avec elle confirme l'impression qui s'échappait des pages. « Tout ça ne m'a jamais grisée, vraiment je ne vous raconte pas d'histoires. Je regardais ça un peu de l'extérieur en me disant que c'était marrant finalement. Ce qui me passionnait, que je joue la comédie, que je chante ou que je danse, c'était de travailler le plus possible pour parvenir à être vraiment bien dans le rôle. Avec le recul, ce dont je suis le plus fière c'est d'avoir duré. Pas toujours au niveau number one, mais d'avoir pu continuer à jouer, à écrire et à monter des choses, à faire ce que j'aime. Et, ça va peut-être vous paraître banal mais ce qui m'intéresse dans la vie et qui n'a pas d'époque, c'est l'humain. Grâce à mon métier j'ai rencontré des gens de milieux très différents, c'est extraordinaire l'ouverture que ça vous offre pour peu justement que vous vous intéressiez à l'humain. » La conversation est aussi naturelle et agréable que la lecture, et maintenant ? Chiche ! Chiche Christine pour ce recueil de nouvelles basées sur le concret que vous allez écrire lorsque vous douterez un peu moins de vous-même !
* Est aussi le titre du premier spectacle musical qu'elle avait écrit, et interprété seule en scène avec un musicien.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 06/03/2018

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