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© Giovanni Cittadini Cesi


Daniel Benoin monte « Ça va ? »
de Jean-Claude Grumberg, au théâtre du Rond-Point
A vingt-sept ans il était nommé à la tête de la Comédie de Saint-Etienne. Il est aujourd'hui l'heureux Directeur de l'Anthéa-Antipolis d'Antibes inauguré il y a quatre ans. Entre les deux, une carrière passionnante au service du théâtre et de l'opéra, dont de nombreuses mises en scène.
La pièce

« Ça va ? » dit le premier. Et l'autre de répondre. Entre eux le dialogue s'installe. Il peut durer trente secondes comme vingt minutes. Deux personnages éphémères qui, leur conversation terminée font place aux suivants. « Ça va ? » dit l'un...Etc. Pierre Cassignard, Eric Prat et François Marthouret se partagent la vingtaine de dialogues qui composent le spectacle. C'est hilarant, absurde, grinçant, désespéré, c'est l'humour de Jean-Claude Grumberg que Daniel Benoin met en scène. « Je tenais à ce que ce ne soit pas une suite de sketchs mais que l'ensemble, tant visuellement que scéniquement, compose un vrai spectacle. Ce qui n'a pas été simple.

J'ai commencé par faire appel à des comédiens avec lesquels j'avais souvent travaillé. La rythmie est capitale et doit être progressive pour entrer dans l'univers de Grumberg tout en respectant les règles que je me suis imposées. J'ai donc choisi dans ses textes des scènes très courtes et d'autres plus longues avec la volonté de créer des rythmes différents et de faire bouger les choses visuellement tout en restant à l'intérieur d'un système. Trois habilleuses s'occupent des changements de costumes, qui sont partiels car il n'y a pas la moindre pause dans le spectacle. Il y a toujours un élément nouveau qui arrive, une image qui évoque une situation, une époque, un lieu... Et vous verrez qu'à travers l'ensemble des scènes que jouent chacun des comédiens, un vrai personnage se dégage. Je n'ai pas distribué les rôles au hasard. Enfin, j'ai récemment fini par convaincre Jean-Claude Grumberg de m'écrire une nouvelle scène car je voulais clore le spectacle par une conversation entre les trois personnages. Voilà»

Daniel Benoin et l'Anthéa-Antipolis

Lorsqu'il y a quatre ans, dans un contexte économique difficile, le maire Jean Léonetti lui en propose la direction il hésite, puis décide de relever le défi : deux salles de 1200 et 200 places ! Bien lui en prit, lui qui après avoir dirigé durant trente-huit ans des Centres Dramatiques Nationaux -dont celui de Nice de 2002 à 2013- jouit subitement du bonheur d'être totalement libre de ses choix. Résultat ? Ce « vaisseau amiral » superbe et impressionnant, compte aujourd'hui 13 000 abonnés. Un incroyable succès dû à l'intelligence et à l'extrême qualité de sa programmation entre spectacles les plus en vue et ceux qui n'ont pas la chance d'être médiatisés et qu'il juge bon de faire découvrir. Le directeur ne laisse rien au hasard, Lui auquel de solides études ouvraient les portes d'une voie royale, tourne le dos, « J'ai fait, avec une joie énorme, un choix de passion. » En conversant avec Daniel Benoin on en oublie rapidement sa montre, on le suit dans cet enthousiasme qui ne l'a jamais quitté. Acteur, auteur, adaptateur, metteur en scène de théâtre et d'Opéra, son parcours est impressionnant. « Et je ne compte pas m'en aller de si tôt ! » dit-il en riant.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 21/11/2017

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