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© Laurencine Lot


Modi
au théâtre de l’Atelier
Mise en scène par Didier Long, la pièce de Laurent Seksik se focalise sur les trois dernières années de Modigliani, mort à trente-cinq ans d'une méningite tuberculeuse dans les bras de Jeanne Hébuterne sa dernière compagne. Avec Stéphane Guillon, Sarah Biasini, Geneviève Casile et Didier Brice
La pièce

L'action se passe entre 1917 et 1920 et entre Nice et le Paris bohème des années folles, où s'installent de jeunes artistes venus de tous les coins du monde. C'est aussi l'époque où Modigliani rencontre Jeanne, une jeune fille de bonne famille, très belle et âgée d'à peine vingt ans, artiste elle aussi, et modèle. Ensemble ils vivront une folle passion malgré tous les efforts des parents de la jeune fille pour briser cet amour. De leur union tumultueuse nait une petite fille, Jeanne.

Geneviève Casile est Eudoxie Hébuterne,
la mère de Jeanne


Les costumes viennent d'arriver, ils sont d'époque, on essaie, on règle un détail ici, un autre là... Les décors ne sauraient tarder et la Première approche... La comédienne me rejoint dans la salle, ravissante et charmante comme à chaque fois. « C'est une période où nous sommes un peu sur la corde raide et je ne suis jamais sûre de moi dans ces moments là ! Mais je me réjouis de jouer pour la première fois au théâtre de l'Atelier, et de retrouver Didier Long dont j'aime la manière qu'il a d'aller toujours au fond des choses en faisant toujours preuve d'une grande patience. Le rôle d'Eudoxie est beaucoup moins important que celui d'Alma Malher que j'ai joué récemment, mais il est beau, sensible et le personnage a de la chair.

Ce qui est intéressant, c'est qu'au début Eudoxie ne supporte pas de voir sa fille vivre avec ce débauché plus âgé qu'elle, fut-il un grand peintre. Elle ne comprend pas cette bohème, ces excès, aux antipodes de sa vie, mais comme elle n'arrive pas à ses fins et qu'elle aime sa fille, elle essaie de comprendre et finit même par trouver des qualités à Modigliani, si éloigné pourtant de sa famille profondément catholique et probablement antisémite. Elle pressent aussi que quelque chose de terrible va arriver... Le rôle est très intéressant car il est tout en finesse, en profondeur, il évolue doucement... Je suis très contente, c'est un beau sujet, la pièce est belle, l'équipe aussi. Maintenant, il n'y a plus qu'à...! »

Didier Long met en scène

Et se passionne pour les artistes hors normes, cultivés et libres de toutes conventions. Inspiré par l'extraordinaire époque où Paris était au centre de l'effervescence intellectuelle et artistique, il est en verve. « Laurent Seksik est un conteur d'histoires, où l'intime côtoie le mythe, et la réalité historique s'enrichie de la vérité de l'imaginaire. « Modi » raconte l'amour fou, intense jusqu'au sublime, entre Modigliani, génie inclassable, aristocrate du trait d'esprit et Jeanne Hébuterne, qui devient son modèle et sa muse. L'émigré juif italien et la jeune fille issue d'une famille petit-bourgeois catholique, vivent deux ans d'une passion tumultueuse, au cœur de la Bohème, véritable phénomène artistique au tournant du XXème siècle, qui transforme le statut de l'artiste, et la manière dont il est perçu dans la société. À l'instar de Matisse, Soutine, Chagall, ... leurs compagnons de route, anti-conformistes, ils entendent faire de leur vie un art et de leur art l'expression sensible de leur vie. »

Sur la scène, Sarah Biasini a revêtu sa robe sous l'œil de l'habilleuse, Geneviève Casile a repris son texte, tout se passe dans la sérénité. « Ici les contradictions de l'âme humaine, entre idéalisme et matérialisme, bassesses et spiritualité, s'entrechoquent. La force des sentiments se heurte aux préjugés et l'artiste interroge l'idée du « bonheur » et sa compatibilité avec le processus de création. Pour le décor, j'ai voulu que tous les lieux où se déroule l'histoire soient visibles en même temps, se mêlent et se confondent. Laisser au spectateur sa part active de création, faire confiance à la force de l'imaginaire, à l'instar de Modi et de Jeanne. Les scènes d'intérieur, l'emprisonnement volontaire de ces deux artistes entre l'atelier de Paris et la chambre d'hôtel à Nice, ces bulles où ils créent, vivent dans la joie et les drames leur passion, alors qu'à l'extérieur ça bouillonne, les bars, les cabarets, le bruit, la grosse Bertha aussi.... C'est cette dichotomie qui m'intéresse. Voilà, ce n'est ni un drame, ni une comédie, ni une pièce philosophique ou historique, c'est tout ça à la fois, et c'est bien ainsi ! »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 26/11/2017

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