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D.R.


Fausse note
de Didier Caron, au théâtre Michel
Didier Caron quitte le registre de la comédie chorale pour se tourner vers le drame. Mis en scène par l'auteur, assisté de Christophe Luthringer, Tom Novembre et Christophe Malavoy font monter la tension...
Le thème : A l'issu d'un concert, le chef d'orchestre (Tom Novembre) voit arriver dans sa loge un « admirateur » (Christophe Malavoy) aussi étrange qu'envahissant. L'auteur tire alors le fil d'un suspens qui tiendra jusqu'au bout le spectateur en haleine.


Christophe Malavoy

« Il s'agit d'une énigme construite comme une poupée Russe. Une vérité en cache une autre, une certitude en cache une autre, et entre deux soupçons le huis-clos devient de plus en plus pesant et violent. Dinkel, mon personnage, avance masqué, décidé à aller jusqu'au bout malgré la douleur et les ravages que ça va entrainer. Comme avec un puzzle, les choses se mettent en place pour révéler à la fin une image terrible. Mais il est préférable de ne pas en dire plus. »

Sur scène ou sur les écrans, il y a l'excellent comédien que nous aimons. A côté, l'écrivain qui aime s'isoler, « L'écriture, c'est prendre son temps, s'imposer une discipline, se défaire des contraintes -portables, réseaux sociaux auxquels nous sommes sans arrêt reliés- pour arriver au silence et à l'espace. L'écriture de Simenon par exemple, m'a toujours fasciné, il faut lire ses romans, ses mémoires... »

Le temps, Christophe Malavoy a composé avec lui pour étudier durant dix ans l'œuvre de Céline, personnage complexe dont les facettes sont trop facilement réduites à ses pamphlets antisémites. « C'était un grand poète trop souvent montré éructant, violent, alors qu'il y avait aussi chez lui une grande tendresse ; il enrageait de voir la nature humaine si pitoyable. Je ne suis pas là pour le réhabiliter mais il faut l'avoir lu dans ce qu'il a de pire et de meilleur et ça m'a passionné. » Plusieurs ouvrages, un scénario qu'il espère parvenir à réaliser, une bande dessinée sont aujourd'hui les fruits de rencontres avec sa veuve, de ce travail à côté duquel se trouvent de beaux romans nés de son cœur et sa plume. S'il a parfois pâti de cet éclectisme, il tient à sa liberté et déplore ce mal de notre époque « La standardisation de la pensée qui nous empêche de penser. » Ecrire sur Voltaire, adapter une nouvelle de Boulgakov, réfléchir à un ouvrage autour de l'écriture et de la langue qui le passionnent, endosser des rôles forts, ainsi poursuivra-t-il son chemin éclectique et libre. «C'est ce qui me permet de ne pas avoir l'impression de tourner en rond et de cultiver l'enthousiasme.»


Tom Novembre


Il préfère lui aussi ne pas trop lever le voile sur cette histoire. « J'interprète un chef d'orchestre assez réputé qui va reprendre la direction du philharmonique de Berlin. C'est un personnage autoritaire, assez imbu de lui-même qui veut bien condescendre à communiquer avec son public, mais dans certaines limites. Alors, en prenant des proportions inquiétantes, l'intrusion dans sa loge de ce pseudo admirateur va le rendre fou avant de le faire descendre aux enfers. Dans la première partie, chaque page apporte ses questions, dans la seconde, elles trouveront peu à peu leurs réponses. Voilà ! Suspens".

Diplômé de l'école des Beaux-Arts de Nancy qu'il intègre pour parfaire sa formation, avoir un point de vue sur le processus créatif quel qu'en soit sa forme, savoir dessiner un décor, des personnages, des costumes, Tom Novembre refuse lui aussi de se laisser étiqueter. Passionné d'Art, comédien, compositeur, chanteur, la scène occupe une place importante dans sa vie d'artiste. « A travers deux terrains de jeux différents, que je me mette au service d'un projet qui n'est pas le mien en offrant le maximum de disponibilité, d'écoute et de don, ou que ce soit un projet que je conçois et pour lequel je m'octroie davantage de liberté. Dans les deux cas, la scène me procure une grande part du plaisir que j'ai de faire ce métier.

Dites-lui qu'il est musicien : "Non, j'admire et j'envie les vrais, ceux qui parlent avec leur instrument. Moi, je mets un décor sonore sur mes chansons qui sont de petites fables." Le théâtre ? Il admire les incontournables et préfère la littérature de Camus à son œuvre théâtrale. Pense-t-il écrire une pièce ? « J'ai mis en chantier plusieurs thématiques dont une me titille de façon régulière. Après... Il y a les freins ! Je ne veux pas encombrer le paysage, me prétendre auteur alors que je ne suis qu'un écrivaillon, bien que ce soit un exercice que je pratique depuis toujours. Je me dis que ce ne sera qu'un grain de sable, alors il faut qu'il ait une raison d'être. » Ne faut-il pas oser ? « C'est justement ce palier qui est difficile à franchir parce que je suis à la fois orgueilleux et timide ! Je voudrais rester perméable, curieux, sensible, sans que ça me fragilise : c'est difficile ! »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 25/09/2017

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