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Claire Nadeau
© Adéquat


Non à l’argent !
au Théâtre des Variétés
Derrière ce titre sans appel se cache une comédie grinçante et un peu folle. Claire Nadeau et Pascal Légitimus, entourés de Julie de Bona et Philippe Lelièvre, se livrent à une drôle de guerre sur fond de gain au loto.
Une histoire peu banale écrite par Flavia Coste et mise en scène par Anouche Setbon : Richard, architecte en mal de reconnaissance et d'argent vient de gagner une somme rondelette au loto. Evénement qui le conduit à prendre une décision importante à ses yeux, et incompréhensible à ceux du vulgum pecus. Reste à l'annoncer et à la faire admettre à ses proches... Et là, notre homme patauge sérieusement avant que la situation n'explose.

Claire Nadeau est Rose, la mère de Philippe

Difficile de parler d'une pièce que l'on va jouer alors que les répétitions n'ont pas commencé ! A la lecture, plusieurs approches sont possibles : Fable ? Comédie ? Comédie satirique ? « Pour moi, c'est une comédie sur fond de comédie de mœurs. J'ai trouvé la pièce intéressante et elle m'a séduite parce qu'elle traite ce sujet, qui tombe à pic dans la période que nous vivons, sur un mode à la fois ironique et comique. J'ai trouvé l'écriture très aigüe, précise en contraste avec des personnages que l'on pourrait trouver un peu inconsistants. Et ça, ce n'est pas si courant chez de jeunes auteurs. Ce qui est intéressant aussi, c'est que le sujet entraîne le questionnement et fait que chacun est amené à se poser des questions sur lui-même, sur son rapport à l'argent et aux autres. Tout ça sans que l'auteur veuille asséner quoi que ce soit ou donner une leçon de morale. » «Mais vous savez» , poursuit-elle amusée, « je ne sais pas toujours pourquoi les choses me touchent ou me parlent, ce qui peut apparaître un peu navrant au bout de tant d'années, mais je n'y peux rien, c'est comme ça ! » Au centre de la pièce, l'argent, le nerf de la guerre, mais, la question est posée : donne-t-il tous les droits ? Nous empoisonne-t-il ? « C'est plutôt que celui qui a de l'argent, s'arroge souvent tous les droits. Actuellement on a tendance à jauger les gens sur leur réussite, entre autre financière, donc oui, l'argent change les choses. Sans aller vers un développement sociologique et philosophique, c'est vrai qu'on a l'impression que certaines valeurs d'avant n'ont plus cours aujourd'hui. L'efficacité, le rendement, si ça marche, si ça a du succès, on se fiche du reste. La preuve par le succès, quoi ! En tout cas j'adore ce titre « Non à l'argent ! » je m'amuse de le voir en gros sur les colonnes Morris en ce moment ! »

Parlons de Rose, mère assez particulière qui peut-être a sa part de responsabilité...« A ce stade, je ne sais pas encore tout à fait comment je vais l'aborder, mais disons qu'elle est un peu inconsistante, couveuse, mais pas très rigoureuse. Elle n'a pas non plus le sens de la distance avec son fils... A-t-elle le sens de grand-chose d'ailleurs ? Mais je la trouve touchante dans ses manques et je voudrais essayer de la rendre un peu charmante. En tout cas je n'ai pas d'idées préconçues, les choses se feront « sur le motif » je dirais, au fur et à mesure du travail. » Après avoir enchaîné trois pièces dans l'année, Claire Nadeau pensait « Faire une petite pause. Mais les choses se sont faites rapidement dans un élan général pour monter cette pièce qui n'était pas prévue au programme si tôt, alors je me suis dit : Ne soyons pas l'élément négatif, prenons la vague. Et voilà j'y plonge avec plaisir. Les dîners en famille et les week-end entre amis attendront encore un peu... »


Pascal Légitimus est Richard


Sensible aux lieux, à leur histoire et à leur âme, il est heureux de mettre les pieds pour la première fois dans ce théâtre, en tant qu'acteur. « Il s'est passé tellement de choses ici ! » dit-il avant d'ajouter « Un être humain se doit de vibrer, d'avoir les cinq sens en éveil, les miens le sont. Vivre l'instant présent en ayant conscience de l'endroit où on met les pieds, sentir, renifler... » Autre raison pour lui de se réjouir, celle d'aborder un rôle auquel il n'est pas accoutumé. « La pièce a du sens et le personnage est beau. Il est ambivalent, joue autant sur l'humour que sur l'émotion tout en ayant une idée très précise des conséquences qu'auront la décision qu'il a prise et qu'il va annoncer à ses proches. J'ai joué beaucoup de personnages dans ma vie de comédien, mais pas un comme celui-ci et c'est ce vers quoi je veux tendre maintenant dans ma carrière. Pour moi la pièce est construite sur le fruit d'une longue et profonde réflexion de Richard qui a deux sentiments à gérer : La gêne et l'honnêteté, face aux autres qui sont plutôt primaires et essaient par tous les moyens de le coincer dans sa contradiction. Je ne suis pas le personnage le plus drôle, mais plutôt le clown blanc, un rôle que je n'ai jamais eu. Même au sein des Inconnus c'était plutôt Bernard qui faisait le clown blanc déclencheur, alors que Didier et moi étions en réaction. »

De quoi surprendre son public ! C'est formidable, non ? « C'est vrai qu'il y a ce qu'on appelle la promesse. Cette promesse qu'au théâtre, avec Pascal Légitimus on va s'amuser. Alors que là, ça n'est pas moi qui suis la vedette c'est la pièce ; mais je vais trouver quelques petites ficelles pour la saupoudrer, sans bien entendu me dégager du texte. J'ai déjà commencé à travailler dans ce sens avec l'appui de l'auteure et d'Anouche Setbon. Le but est d'être créatif. » Ce qui est bien aussi, dit-il, c'est qu'en voyant cette pièce on peut s'identifier à tous les personnages. « Et quand je fais le pitch à mon entourage, je vois qu'il éveille tout de suite chez eux la curiosité et le désir d'aller la voir. » Quant à ses partenaires qu'il connaît bien et depuis longtemps... « On est réunis par une même vibration, une même sincérité. On n'est pas des cabots, et notre ego n'ira jamais entacher l'autre. Déjà à la lecture c'était très agréable, on était à l'écoute les uns des autres. » Pour Pascal Légitimus projets et propositions seront à étudier plus tard. « Maintenant je vais travailler huit heures par jour, lire et relire beaucoup le texte pour y découvrir les non-dits. Puis, avant d'apprendre le texte par cœur, j'apprendrai les verbes qui vont me donner la tonalité, le nerf de la phrase, et pour la première fois je prendrai un coatch. Pour l'instant, c'est « Non à l'argent ! », et oui au théâtre ! »

Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 30/09/2017

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NON À L'ARGENT   (53 notes)
THÉÂTRE DES VARIÉTÉS
Jusqu'au dimanche 7 janvier

COMEDIE. Pourquoi continuer à s’engueuler dans un HLM quand on peut enfin s’engueuler dans un châtea? Richard, qui tourne le dos à 162 millions, va devoir s’expliquer, et plus vite que ça ! Sa femme, sa mère et son meilleur ami ne le lâcheront pas! La soirée risque d’être très agitée! Une comédie grinçante...


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