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D.R.


Colette Nucci
De Seine à Jardin…
A la tête du Théâtre 13 depuis 1999, elle abrite derrière sa bonne humeur, une poigne de fer, une langue qui n'est pas de bois et de sacrés coups de gueule contre l'inculture grandissante.
D'un côté la salle historique du boulevard Blanqui, baptisée Théâtre 13 / Jardin et ses programmations longues. De l'autre, le Théâtre 13 / Seine, ouvert en 2011, et ses spectacles plus risqués d'auteurs contemporains que les gens ne connaissent pas encore. L'ensemble est subventionné par la ville de Paris.

Fille d'instituteur rapatrié d'Algérie, Colette Nucci se passionne très tôt pour la langue française et récite Victor Hugo, Racine ou La Fontaine avec délectation. Rentrée en France à quatorze ans, d'étape en étape, elle vit sa passion puis entre au Conservatoire National chez Louis Seigner. « Je voulais entrer à la Comédie Française pour faire partie d'une troupe et jouer les grands textes avec des tas de personnages sur le plateau. Je n'y suis jamais entrée, mais j'ai quand même fréquenté la salle Richelieu où Jean-Laurent Cochet m'avait donné un petit rôle avec la troupe du Français, dans La station Champbaudet de Labiche. C'est un très grand professeur, d'une grande exigence, qui ne vit que pour le théâtre. » A Bougival où elle s'installe avec mari et enfants, elle donne des cours au Grenier, puis poussée par ses élèves monte une Compagnie jusqu'au jour où...

« Comment peut-on vouloir faire du théâtre en ayant aussi peu la connaissance de la langue française ? »


« Il y a quand même un destin ! C'est une magnifique histoire, on m'a poussée vers ce qui était fait pour moi, car je crois que je sais animer une équipe. Je pense aussi être une bonne directrice dans la mesure où je sais déléguer, faire confiance et puis je suis passionnée, enthousiaste et joyeuse ! Mais je vous assure qu'il nous faut de l'énergie, nous sommes une petite équipe et c'est parfois très compliqué. Il y a des moments où, pardon pour l'expression, on pète les plombs ! » Elle qui ne pensait que troupe, les accueille aujourd'hui et fort bien, malgré le prix à payer. « Nous sommes très tributaires de nos recettes et on n'a pas tous les jours un Alexis Michalik qui arrive avec un "Porteur d'histoire" et qui, par amitié, vous écrit, cinq ans après Intra Muros pour la réouverture de la salle ! »

Quid du concours Prix théâtre 13 / jeunes metteurs en scène ? « Nous recevons de plus en plus de textes écrits par les metteurs en scène qui parlent du mal-être de la famille ou du monde et de moins en moins de projets avec des textes du répertoire. Parfois, je me demande si ça n'est pas un manque de culture, d'intérêt pour notre patrimoine théâtral. Et si vous voyiez les fautes d'orthographe dans les dossiers ! Comment peut-on vouloir faire du théâtre en ayant aussi peu la connaissance de la langue française ? Il faut préserver notre langue, la défendre, et le théâtre doit y contribuer !» L'année 2017-2018 sera celle qui verra, pour la première fois, fonctionner les deux salles sur deux saisons pleines. Alors au public qui ne les connaît pas de montrer sa curiosité ! « Oui, et quand le public nous dit : "On vient ici les yeux fermés et on n'est jamais déçus". C'est le plus beau cadeau que l'on puisse nous faire ! »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 05/05/2017

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