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© Bernard Richebé


Francis Perrin
le cœur et l’esprit
Après deux-cent trente représentations, une tournée triomphale jusqu'aux Etats-Unis, c'est un comédien heureux qui reprend au théâtre de la Gaité Montparnasse son "Molière malgré moi"

De la pointe de ses souliers à la racine de ses cheveux, son corps nous dit, autant que ses mots, l'admiration qu'il éprouve depuis si longtemps pour Molière « le patron ». Chef d'entreprise avant l'heure, acteur génial, auteur brillant, observateur et poète, homme de grande culture starifié de son vivant, autant que jalousé et trahi... Telle fut la vie souvent méconnue de Jean-Baptiste Poquelin, que nous raconte Francis Perrin, tendre, grave, rieur, tout à son bonheur communicatif. Le public le regarde, l'écoute, découvre, et s'amuse. Mille et cent pages dans la tête, écrites de sa main, donnent naissance à ce spectacle inventif et teinté d'humour derrière lequel se cache un énorme travail. « Ce spectacle est en moi depuis longtemps, il me dynamise et m'appartient de A à Z. C'est le plaisir total du théâtre, comme je l'ai toujours eu depuis cinquante et un ans. C'est formidable en fin de carrière !»

J'ai toujours eu peur du succès

En fin de carrière ? « Oui, j'ai joué dans le Public, le Privé, j'ai joué les grands rôles du répertoire, créé des auteurs modernes, dirigé un théâtre, un Festival, mis en scène, mené une troupe, fait des one man shows, travaillé avec des gens formidables... Je trouve qu'il arrive un moment où il faut laisser la place et savoir se retirer discrètement. J'ai toujours eu peur du succès. Quand ça marche bien, je passe à autre chose, c'est mon caractère. Mon seul regret est de n'avoir pas joué Cyrano, mais il y en avait tant quand on me l'a proposé que je ne voulais pas être un Cyrano de plus. Je préférais que l'on se dise : Il aurait sûrement été formidable ! » Et de rire... « J'ai eu beaucoup de chance, mais j'ai su la saisir. J'ai rencontré quelques échecs aussi, mais ils m'ont galvanisé, et mes responsabilités, je les ai toujours prises. Il y a de belles histoires dans la vie, je ne pensais pas entrer à la Comédie Française, je ne pensais pas diriger un théâtre... Mais c'était mon destin, celui dont je rêvais. »

Comédien discret, il finit pourtant par lever le voile. « J'ai commencé à lâcher un peu de choses à travers le handicap de mon fils autiste, pour donner de l'espoir aux personnes qui connaissent un tel drame. Mais longtemps je me suis arrangé pour rester derrière mon paravent de comique... »

Trois premiers prix de comédie, classique, moderne et étrangère au Conservatoire, la voie était tracée, si ce n'est que Francis Perrin tient à sa liberté, à son indépendance, à la diversité, à sa vie personnelle. « J'ai soixante-dix ans et je vais très bien, j'ai ma famille, mes six enfants, mes deux petits- enfants. De vieux amis acteurs que j'admire, car j'ai besoin d'être dans l'admiration, jamais dans la critique. A quarante ans je rêvais d'écrire, je le fais. » Alors, le voilà plongé dans l'écriture de son septième livre, « un roman », quand il ne tourne pas pour la télévision... « Les tournages de Mongeville continuent, c'est un beau personnage écrit pour moi, un cadeau de la vie ! Que voulez-vous, j'ai toujours eu de la chance ! »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/06/2017

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