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D.R.


Xavier Daugreilh
Xavier Daugreilh Le temps des moissons
Grâce au Molière de la meilleure pièce comique en 1997 pour "Accalmies passagères", Xavier Daugreilh s'impose comme un jeune auteur à la mode. Il transforme l'essai avec "Itinéraire bis", un petit bijou d'humour et de subtilité, pourtant malmené par l'actualité :
la pièce débute le 11 septembre 2001 ! Sa dernière création, "Futur conditionnel", est une pure comédie. Après ce parcours déjà riche, il se livre à quelques confidences, avec la simplicité et la franchise qui le caractérisent.
Comme beaucoup de gens de théâtre, Xavier Daugreilh veut d'abord devenir comédien. Il s'inscrit au Cours Florent, mais c'est sa formation à l'Atelier de théâtre international chez Blanche Salant et Paul Weaver qui est déterminante. Il s'y trouve en bonne compagnie aux côtés, entre autres, de
Vincent Cassel, Valeria Bruni-Tedeschi, Valérie Karsenti. "J'y ai appris les différents aspects de ce métier pendant deux ans. J'aurais dû y rester davantage, les enseignements de Blanche Salant étant inestimables."

Vers l'écriture
Assez vite, Xavier Daugreilh se rend compte qu'il ressent une attirance plus forte pour la création. "Je n'étais pas tout à fait heureux en tant que comédien", avoue-t-il. Le déclic se fait alors qu'il assiste en 1993 à la finale d'un concours intitulé Jeux Thèmes, organisé dans le but de dénicher de nouveaux talents. "Il y avait un décor et un sujet imposés sur une demi-heure. À l'époque je rédigeais beaucoup, mais rien de vraiment achevé. Pensant que je pouvais aisément rivaliser avec ce que je venais de voir, j'ai écrit "Je vous ai déjà vu quelque part"." Une première création retenue, jouée et récompensée qu'il songe à rallonger ensuite pour en faire une véritable pièce. L'entreprise s'avérant impossible, il travaille dans une autre direction. Ainsi naît Accalmies passagères. Mise en scène par Alain Sachs, jouée par Valérie Karsenti, Eliza Maillot, José Paul, Marc Fayet et Paul Bisciglia, elle reçoit le meilleur accueil du monde et la récompense ultime : le Molière. Mais Xavier Daugreilh est bien en peine d'expliquer l'impression ressentie à la réception d'un tel prix. Aucune invitation ne lui parvient pour la soirée de remise des prix. Seule la gentillesse de son agent, Suzanne Sarquier lui permet d'obtenir, au dernier moment, deux places pour le deuxième balcon. Guère plus chanceux que lui, les comédiens ne font pas davantage partie des invités, contrairement à certains professeurs du Cours Florent confortablement installés aux premiers rangs de l'orchestre !

Ses méthodes de travail et sources d'inspiration
"Je me suis intéressé plus en détail à certaines techniques d'écriture. Moyennant quoi, j'avance plus rapidement, tout en étant plus efficace. Il me faut environ un an, avec des moments de relâche, pour élaborer une pièce. Une fois achevé - les avis extérieurs étant bienvenus -, je passe le manuscrit à des amis." Quant à l'origine des thèmes, une improvisation chez Blanche Salant lui donne l'intuition d'une fin de pièce dont cinq ans après il se sert pour Accalmies passagères. Itinéraire bis provient d'une situation vécue par son entourage. Futur Conditionnel est le fruit d'une envie d'écrire pour Nicolas Briançon qui met la pièce en scène et l'interprète au Théâtre Tristan-Bernard. Difficile actuellement pour l'auteur de dire ce qui sera au cœur de sa quatrième œuvre. Une chose est sûre, elle se jouera en décor unique.

La télévision et le cinéma
Xavier Daugreilh travaille également pour le petit écran. Ses talents de scénariste ont été utilisés par la série Un gars, une fille. Par ailleurs, il assume un rôle de consultant, chargé d'améliorer les scripts qu'on lui présente. S'il avoue son plaisir à collaborer avec la société de production de Nagui, un homme différent, il reconnaît s'y sentir, d'une manière générale, plus exécutant que créatif.
Tout autre est son rapport au cinéma. C'est avec passion qu'il a écrit avec Suzanne Legrand, Entre chiens et loups, un court métrage ayant obtenu un prix, ou qu'il se penche sur un
scénario de long métrage pour lequel il a été pressenti. "C'est un domaine où je sens que les choses bougent. Le travail accompli au théâtre porte ses fruits."

Une constante : l'humour !
"Longtemps, j'ai trouvé l'humour assez vulgaire. Pour moi, le théâtre devait être une chose sérieuse." La redécouverte de la comédie italienne des années 70, puis de la comédie américaine des années 30 et 40 (Capra, Lubitsch, Hawks) le réconcilie avec l'esthétique du rire. À une époque où tout est dédramatisé, il comprend l'importance de faire sourire le public, sans aller vers l'outrance ou l'amusement à tout prix.
"Trouver la réalité est ce qui importe, ensuite, il me semble préférable de la traduire avec du rire, plutôt que forcément avec des larmes." Du reste, Xavier Daugreilh a la dent de plus en plus dure et un humour caustique, non dénué d'une certaine hargne. Divertir ne signifie pas forcément être complaisant !

N'hésitant pas à se remettre en question, à compléter ses formations (Pico Berkowitch
l'entraîne à parfaire son jeu d'acteur), Xavier Daugreilh, sans se disperser, entend explorer toutes les voies que son talent peut lui ouvrir.
Théâtre, cinéma, télévision,
roman, il fera feu de tout bois en attendant de se trouver, à nouveau, sous les feux de la rampe.
Portrait par Philippe Escalier
Paru le 15/03/2003

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