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© Bruno Perroud


Didier Long
le retour d’un acteur
Directeur du théâtre de l'Atelier depuis dix-huit mois, il privilégie une programmation ouverte et exigeante, continue de mettre en scène, et succombe à l'appel du comédien qui sommeillait en lui pour interpréter "Verlaine" au théâtre de Poche Montparnasse.
Voilà longtemps qu'il n'avait remis les pieds sur scène, mais le revoici, formidable, dans la pièce de Christopher Hampton, "Rimbaud/Verlaine" adaptée, mise en scène et interprétée par lui-même, aux côtés de Julien Alluguette et Jeanne Ruff. Le succès rencontré à Avignon le ravit évidemment, d'autant qu'il devait porter en lui depuis longtemps, ce projet... « Celui de monter la pièce, oui. Mais il ne m'était jamais passé par la tête de jouer. C'est un sujet magnifique dans lequel plus on plonge, plus on a envie d'en apprendre davantage. En faisant ma distribution, Julien Alluguette, que j'avais déjà mis en scène dans "Equus", s'est imposé tout de suite, mais plus j'essayais de distribuer "Verlaine" plus j'avais envie de le jouer ! Et pour le rôle de Mathilde Verlaine, j'ai choisi Jeanne Ruff. Je ne pouvais travailler qu'avec des acteurs que je connais bien.»

Avant les gens se contentaient d'acheter leurs billets...


La relation aussi brève que tumultueuse qu'entretinrent ces deux génies a souvent été réduite à une histoire d'amour passionnelle. ... « C'est pourtant beaucoup plus complexe que ça ! Rimbaud, cet extra-terrestre de seize ans écrivait des choses délirantes et affirmait que seule notre éducation nous empêche de répondre à l'énorme potentiel que la vie nous offre. Il n'était pas au départ amoureux de Verlaine, marié, bourgeois et plus âgé, mais novateur lui aussi. Ils se sont rejoints là-dessus, sont devenus des marginaux en quittant le conformisme, en menant une véritable révolution poétique. Tout ça passait par des expériences humaines sans limites. Ça a commencé comme ça, par un dérèglement des sens, disait Rimbaud. Il y a une phrase magnifique qu'il dit à Verlaine et qui est le centre de tout : "Quand nous aurons tiré l'un de l'autre le meilleur, nous nous séparerons". Ils revendiquaient le fait qu'en se libérant de nos chaînes on peut accéder à une part de divin, et c'est un peu notre rêve à tous, je crois. C'est ce souffle de l'instant, cet engagement pour l'art, qui rejoint quelque part ce que j'aime dans le théâtre ! »

Créer un souffle, une synergie entre le théâtre et la ville, c'est ce à quoi s'emploie Didier Long au théâtre de l'Atelier. « Il faut tenir compte du changement des mentalités dans une société en plein bouleversement. Même si c'est difficile. Ce sont des périodes comme ça qui permettent de s'interroger, d'imaginer, de créer, de s'ouvrir. Avant, les gens se contentaient d'acheter leurs billets, aujourd'hui ils sont à la fois spectateurs, vecteurs rapides d'informations, et critiques. Les directeurs de théâtre, les metteurs en scène, avec un public enthousiaste peuvent ensemble soutenir une œuvre, un travail. » Le programme proposé entre janvier et avril devrait recueillir l'adhésion de tous : "Ce que le djazz fait à ma jambe", de et avec Jacques Gamblin, et "Le cas Sneijder" de Jean-Paul Dubois mis en scène par Didier Bezace avec Pierre Arditi. Et le 15 janvier à 17 heures une rencontre avec Michel Onfray. « Voilà, nous continuons à faire ce en quoi nous croyons et c'est passionnant ! »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 20/01/2017

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