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©Chantal Depagne Palazon


L’Éveil du chameau
au théâtre de l’Atelier
C'est l'histoire d'un homme volage en charge de responsabilités dans l'humanitaire où il travaille avec une ex maîtresse... C'est aussi l'histoire d'une rencontre inattendue avec une femme qui fait irruption dans sa vie pour le mettre face à d'autres responsabilités. Mais ça n'est pas l'histoire que vous croyez !
Une histoire écrite par Murielle Magellan, mise en scène par Anouche Setbon qui dirige ici Barbara Schulz (Maryse), Valérie Decobert et Pascal Elbé.

Valérie Decobert est Frédérique.
Théâtre, doublages, cinéma, films et séries télé, elle s'amuse à briser les repaires, un jour elle est Marguerite Duras sur les planches et l'autre elle est Fred, la déjantée de "Caméra café"...
«Là, je suis l'assistante de Michaël, un peu son alter ego, qui a renoncé à la maternité et pour qui le travail passe avant tout. Tous les deux ont vraisemblablement partagé beaucoup plus dans le passé, ce qui fait qu'ils n'ont presque plus besoin de se parler pour se comprendre. Mais le jour où Maryse, une inconnue déterminée, arrive dans le bureau pour annoncer à Michaël que son fils Simon fuit ses responsabilités alors qu'il est le père du bébé que porte sa fille de dix-huit ans, c'est une bombe lourde de conséquences pour chacun d'eux, qu'elle lâche sans le savoir. La pièce pose la question du lien filial et de la peur de l'engagement.

C'est une comédie grinçante, drôle et tendre.» Et la comédienne de s'enthousiasmer pour l'écriture de Murielle Margellan « Ce que j'ai ressenti, c'est que c'est de la dentelle anglaise, très fine, elle dit entre les lignes des choses importantes sur les rapports homme-femme, sur les liens filiaux et les relations humaines... C'est une écriture assez féline et je suis fan. C'est aussi un gros coup de cœur de travailler avec Anouche Setbon, avec Pascal Elbé et Barbara Schultz qui sont comme moi de gros travailleurs et qui adorent sortir des sentiers battus. On va tous dans le même sens, franchement, c'est du bonheur ! » Et de surcroît s'inscrire dans la passionnante histoire du théâtre de l'Atelier... « Effectivement ! Et c'est d'autant plus émouvant que la première fois que ma mère m'a emmenée au théâtre, c'était ici pour voir "Le malade imaginaire" avec Michel Bouquet, j'avais huit ans. Je m'en souviens, j'étais au premier rang corbeille et je trépignais. Ma mère m'a demandé ce que j'avais et je lui ai dit en montrant la scène : Je veux être là ! Et vous voyez, aujourd'hui j'y suis pour la première fois ! »

Pascal Elbé est Michaël
Acteur aimé d'un large public, il va et vient entre écrans et théâtres quand il n'écrit pas, ou ne réalise pas lui-même un film.
Plutôt qu'heureux, il dit n'être « pas malheureux ». Un peu inquiet aussi, c'est sa nature. «Avant d'être heureux il faut commencer par arrêter de lire, de regarder autour de soi. Aujourd'hui pour être heureux il faut être soit un imbécile, soit très, très fort. En tout cas ce qui me plait là, c'est de travailler avec des personnes intelligentes qui se posent des questions, et sur une pièce qui résonne en moi. C'est un thème que je retrouve souvent dans mes choix d'acteur ou dans mon travail. Il y a dans l'écriture de Murielle du lyrisme, de la légèreté, une certaine poésie, et en même temps du rythme. J'aime ce qui traite de la confusion des sentiments, de la famille, ça me parle et je trouve qu'on n'a pas encore fait le tour de tout ça. Ce qui me plait c'est qu'il s'agit d'une comédie, que le propos passe sans que les choses soient surlignées, sans que l'on y voie un message. Car pour moi, quand on a un message à délivrer il faut écrire des tribunes politiques ou des essais, mais pas ennuyer les gens par le biais de la fiction ou du théâtre ! Il faut divertir, et de façon pas trop bête. Que chacun ressente sa faille, ses défaillances, sa fragilité, oui, mais que ce ne soit pas pesant.

Faire croire que c'est léger et facile, alors qu'au fond c'est un peu plus... disons, tendu, ça s'appelle l'élégance, la pudeur. Le public est assez intelligent et avisé pour comprendre lui-même de quoi il retourne. Je trouve qu'il ne faut pas éclabousser les gens de nos problèmes, on fait déjà un métier tellement impudique ! » Ce besoin de séduire les jeunes femmes, est-ce pour Michaël une manière dissimulée de fuir ses responsabilités ? « Je pense que c'est plus profond que ça, que c'est d'abord une façon de se fuir lui-même. Il n'aime pas les pères ni les mères, c'est une façon de ne pas grandir, de ne pas affronter sa souffrance. Comme bien des gens, il revêt son passé d'une carapace. C'est comme dans ces comédies américaines que j'adore, quand le personnage crie et que l'on sait très bien que c'est l'inverse qu'il pense. C'est jubilatoire à jouer ! Maintenant, attendons que la Première soit passée, pour être heureux ! »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 29/11/2016

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