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© Giovanni Cittadini Cesi


"Couple" au théâtre Edouard VII
Interprété par son auteur Gilles Gaston-Dreyfus, avec Anne Benoît,
Ce spectacle ravageur témoigne à tous égards d'une grande maîtrise. A noter que créé au Rond-Point, il passe d'une salle de cent places à une de sept-cents. Défi brillamment relevé !
En question :
Entre passé et futur incertain un couple de bourgeois tente un moyen de se réveiller : Mettre les pieds dans le plat, s'avouer l'inavouable, se faire son propre théâtre... Le résultat vaut le détour !

Histoires criminelles, chicanes à propos d'un spectacle, fantasmes, et crudité du langage venant ici et là pimenter ces éclats de vie, l'absurde, le délire et l'humour noir mènent ici la danse et le public tous âges confondus, jubile
Gilles Gaston-Dreyfus : Je trouve qu'il y a quelque chose de très drôle à s'avouer ses pensées inavouables. Le public rit parce qu'au fond on est tous fabriqués un peu de la même façon, on a tous des pulsions, des fantasmes communs, même si nous les exprimons de manière différente. Ce couple s'aime, il a un passé, mais quel sera son avenir ? Entre les deux on vit le présent, ce moment sincère de jeu, de vérité, de provocation et d'amusement.
Anne Benoît : C'est très revigorant ! Inventer leur propre théâtre est le moyen qu'ils ont trouvé et qui leur convient pour l'instant. Et Gilles ne m'a jamais orientée vers quelque chose qui serait de l'ordre du réalisme. La question est : Qu'est-ce qu'être un homme et une femme ensemble ? Il n'y a pas de continuité dans la réponse, et ça n'aurait pas d'intérêt de raconter l'histoire de ce couple. Ce qu'on voit, c'est simplement des éclats de relation entre eux.

Justement, la construction est très particulière, le jeu sur le langage, sur un mécanisme répétitif, sur des phrases inachevées, peuvent dérouter un moment, on se demande ce qu'ils font là, sur ce canapé, avant que tout s'éclaire.
G. G-D : Jouer avec les silences, avec ces mots qui nous déséquilibrent, nous envoient au bord de trous où il ne faut pas tomber, avec ces ruptures improbables de phrases, on adore ça. Anne et moi, on s'est vraiment retrouvés sur ce théâtre. C'est une pièce en variations, c'est pour ça aussi qu'elle est accompagnée par les variations Goldberg de Bach.

Vous formez tous les deux un couple totalement fusionnel et pourtant vous n'aviez jamais joué ensemble. Vous connaissiez-vous ?
G.G-D : En écrivant cette pièce je savais que je voulais une vraie femme et une grande comédienne, une femme qui serait mon alter ego, qui ferait couple avec moi, et elle m'est apparue sous les traits d'Anne Benoit dont je connaissais le travail. C'était une évidence, il fallait que ce soit elle. La pièce n'était pas encore écrite, je lui ai fait lire des morceaux et elle a dit oui, par intuition ou par coup de cœur, je ne sais pas.
A.B : J'avais vu Gilles plusieurs fois à la télévision avec Edouard Baer et il me faisait mourir de rire, donc quand il m'a proposé de jouer avec lui une pièce qu'il n'avait pas encore écrite, qu'importe ! C'était comme si un petit garçon me disait : « Viens jouer avec moi dans le bac à sable », alors j'y suis allée direct et on est vraiment arrivé au résultat qu'on voulait. En fait, j'ai l'impression d'avoir rencontré mon Laurel
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 11/12/2016

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