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© Bruno Perroud


Jean-Luc Moreau
met en scène “Petits crimes conjugaux”
En montant au théâtre Rive Gauche la pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt, Jean-Luc Moreau retrouve pour la seconde fois un auteur qu'il admire. Fanny Cotençon et Sam Karmann, acteurs qu'il connaît bien, parviennent ici à le surprendre encore.
Pas une rentrée théâtrale sans lui, qu'il joue, dirige ou fasse les deux à la fois. Avec trois pièces à l'affiche ces mois-ci, il est incontournable. Mais qui est-il, cet homme qui engrange discrètement tant de succès ? Comment s'y prend t-il pour être constamment sur la brèche et si tranquille, si disponible ? Un bref retour vers le futur nous montre un jeune homme sortant du Conservatoire National Supérieur avec deux premiers prix de comédie classique et moderne. Quelques années à la Comédie Française lui apprennent la dure loi de l'excellence, mais lui font aussi prendre conscience de ce qu'il souhaite vraiment. Il rejoint alors Pierre Debauche au théâtre des Amandiers de Nanterre avant de suivre d'autres chemins, nourri de belles rencontres et d'expériences multiples. Discret dans les médias, il se raconte malgré tout volontiers à travers son approche du métier, en ne manquant jamais de vanter les qualités d'Anne, sa précieuse assistante. Le retrouver est toujours un plaisir. Après avoir monté "Libres sont les papillons", pièce américaine adaptée par Eric-Emmanuel Schmitt, il s'enthousiasme pour cette nouvelle incursion dans l'univers d'un auteur qui le touche et le passionne.

Seule l'émotion peut entrainer le public à comprendre la pensée

« J'ai découvert en la personne d'Eric-Emmanuel Schmitt un homme d'une très grande intelligence et d'une grande culture. Mais ce qui m'a touché, c'est son extrême sensibilité. Sa pièce est philosophiquement très forte, la pensée très pointue, elle est... Comment dire ? Comme un vaste bouillonnement d'émotions multiples et terribles, en prenant pour prétexte l'amnésie de Gilles victime d'un accident, et l'acharnement avec lequel Lisa, sa femme, tente de l'aider à reconstruire leur passé... Mais l'amnésie est-elle réelle ou feinte ? Si c'est le cas, jusqu'où peut-il aller pour que l'autre se révèle ? Peut-on objectiver ce qu'est l'amour ? La pièce est rare en ce qu'elle nous parle de ce qu'est l'amour pour un couple à mi-chemin de son histoire. En tant que metteur en scène, pour que la dramaturgie fonctionne, je dois faire exister le suspense. Les mots ont pour moi une importance capitale, j'ai l'habitude de me laisser conduire par eux pour voir à quelle situation ils nous amènent. Rien que le mot crime dans le titre est déjà révélateur. Je n'interprète pas, je ne fantasme pas, je raconte une histoire. Soyons humble par rapport au texte, c'est lui qui nous ouvre le chemin, nous donne les clés. Là où je suis interventionniste, c'est dans la façon qu'auront les comédiens de dire ces mots. Je ne crois pas que le théâtre soit le lieu de la réflexion, ni de l'intellect, il est le lieu de l'émotion. J'aime les auteurs dont l'écriture est profondément réfléchie mais lorsque l'on se trouve face à une pièce philosophique, métaphysique, le danger est de jouer cette carte. Selon moi, si je commence par exprimer la pensée pure, ça n'intéressera pas le public.?Seule l'émotion peut l'entrainer à comprendre la pensée. »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 10/10/2016

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PETITS CRIMES CONJUGAUX   (21 notes)
THÉÂTRE RIVE-GAUCHE
Jusqu'au samedi 31 décembre

C. DRAMA. Gilles est victime d’un mystérieux accident. Amnésique, étranger à lui-même, il revient chez lui auprès de Lisa, sa femme depuis quinze ans. Qui est-il? Qui est Lisa? Comment vivait leur couple? A partir de ce qu’elle lui raconte, il tente de recomposer son existence. Mais si Lisa mentait?... Est-...


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