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© Jean-Christophe Bardot


Robin Renucci
et les Tréteaux de France
Professeur au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, l'acteur partage son temps et son idée du théâtre entre l'ARIA, et les Tréteaux de France.
Vous avez fondé et installé l'ARIA, en Corse, il y a dix-huit ans.?Vous êtes Directeur des Tréteaux de France depuis 2011. Pouvez-vous nous rappeler le sens de ces deux missions ?

Les Tréteaux sont sous la responsabilité du Ministère de la culture. L'ARIA est totalement indépendante. Mon désir a toujours été que le public soit moins « consommateur » de produits culturels et plus participatif. Professionnels, enseignants et amateurs venus du monde entier se retrouvent ici avec le désir de consacrer un moment de travail personnel autour du théâtre, ou de rechercher une formation. Pour cinquante euros par jour en pension complète dans un cadre idyllique, je ne peux pas faire mieux ! Aujourd'hui je peux dire que c'est une réussite et qu'elle m'a probablement conduit aux Tréteaux de France.

En succédant à Marcel Maréchal à la direction des Tréteaux de France vous en poursuivez les missions : création et diffusion sur l'ensemble du territoire. Vous ajoutez toutefois à ces principes de base un défi de taille !

C'est vrai que je ne me simplifie pas la tâche en ne faisant pas appel à une vedette au centre de ma distribution, je n'apporte pas aux collectivités locales l'idée que le théâtre vient forcément de Paris. Je pars du fait que chacun sur son territoire est porteur d'une énergie culturelle, d'une possibilité de création. Pour ça, j'œuvre dans le sens d'une plus grande participation du public en ouvrant des ateliers dans les lieux où nous passons, permettant de créer des spectacles issus de la parole des gens, de leur vécu. Apporter une émulation, mettre en communion, reconstruire un rapport avec la jeunesse, c'est pour moi la mission du théâtre.

Vous réunissez dans votre travail textes du répertoire et auteurs contemporains selon une approche originale...

En effet, nous travaillons en fonction de thèmes choisis. Le premier a été la soumission, l'aliénation. Nous avons dans ce cadre monté "L'École des femmes", "Mlle Julie" de Strinberg ou "La leçon" de Ionesco en mettant en lumière ce qui les lie à notre présent... Parallèlement j'ai demandé à des auteurs contemporains d'écrire sur ce que serait aujourd'hui une jeune fille sous l'emprise de son professeur, ou sur la manipulation qu'exercent les coachs sur nos cerveaux. Pour le second thème : le travail, j'ai monté "Le Faiseur" de Balzac. Je pense qu'il faut toujours parler aux gens dans un langage élevé ; que sans la langue, la possession des mots, le savoir "dire", on ne peut rien.

Les Parisiens vont découvrir cette année le travail des Tréteaux, et nous aurons à cette occasion le plaisir de retrouver le comédien et le metteur en scène que vous êtes...

Oui, nous serons à l'Épée de bois entre le 26 mai et le 2 juillet avec cinq spectacles, des ateliers et des débats, toujours dans le désir de rassembler, de dire ensemble, de faire en sorte que le public se sente concerné. Quand le monde se déchire il reste un lieu de citoyenneté, de liberté, qui est le théâtre.
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 28/05/2016

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