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© Laurencine Lot


Le Portrait de Dorian Gray
à la Comédie des Champs Elysées
Foudroyé par l'image de sa propre beauté que lui renvoie le tableau exécuté par son ami Basil, le jeune Dorian fait le vœu de demeurer tel à jamais, chargeant ce portrait d'endosser à sa place les affres de la vie qui passe, sans imaginer ce qui l'attend.
Entreprise difficile que d'adapter ce roman si foisonnant qui nous concerne plus que jamais. Publié dans sa première version en 1890 l'œuvre fit scandale, car si le thème abordé au départ, celui de la jeunesse éternelle, est un classique de la littérature, Wilde en profite pour mettre en Dorian, Basil, et Lord Henry une partie de lui-même et, à travers leurs propos, exprimer ses propres obsessions que sont la revanche de l'art sur la vie ou vice versa, la curiosité intellectuelle et la passion de l'esthétisme poussées vers des dérives extrêmes, le bien, le mal, la morale, le repentir, le narcissisme, l'amour, l'homosexualité...

Pour parvenir à adapter et mettre en scène une telle œuvre courant sur dix-huit années, Thomas le Douarec a choisi de placer son focus sur les trois personnages principaux et de mettre en avant leur côté le plus sombre, tout en piochant allègrement dans les aphorismes et remarques assassines dont l'œuvre est truffée et dont le public raffole. Autour du portrait que nous ne voyons que de dos, Thomas le Douarec et ses partenaires réussissent une délicate et difficile entreprise. L'ensemble du spectacle peut être applaudi. Avec Thomas Le Douarec, Fabrice Scott, Arnaud Denis ou Valentin de Carbonnières en alternance, ainsi que Lucile Marquis ou Caroline Devismes.

Valentin de Carbonnières en Dorian Gray

Depuis sa sortie du Conservatoire National, ce jeune comédien au caractère bien trempé fréquente les scènes du théâtre public et privé, jouissant du meilleur de chacune. Un crochet par le Japon le temps de faire une thèse sur la tradition et la modernité au sein de la culture, un stage à l'école de boucherie pour pénétrer «un milieu passionnant», et, inspirée par ces deux expériences, une pièce peu banale, soutenue par de grands noms du théâtre pour qu'elle soit bientôt jouée. Actuellement il est, en alternance avec Arnaud Denis, Dorian Gray. «Je me suis penché sur tout ce qui a été fait avant, j'ai lu le roman en version bilingue, vu les deux films, écouté la lecture de Denis Podalydès, à la fin j'étais complètement perdu !» raconte t-il en riant. "Lord Henry (joué par Thomas) avait heureusement toutes les clés en mains pour m'aider.

Quant à Denis il est bienveillant et sans ego, partager un rôle avec lui est très chouette. Au départ je me suis posé deux questions : Qu'est-ce que l'âme ? Qu'est-ce que la jeunesse ? Je sais que les rides sur le visage sont comme les traits qu'un condamné fait sur les murs de sa cellule, mais parce que je suis encore jeune je n'ai pas la sensation du temps qui passe, alors j'ai beaucoup réfléchi, regardé autour de moi. Ce roman est riche de rythmes différents et de voies à explorer, mais la plus grande difficulté pour moi, dans cette adaptation, a été, avant d'aborder la suite de l'histoire, qu'il fallait en une scène, faire comprendre au public que, face au tableau, l'idée du temps qui passe terrorise brutalement Dorian. Ce qui déclenche tout ce qui suit. »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 14/04/2016

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