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Cerise Guy
©Ingrid Mareski


Anna Karénina
Cerise Guy & François Pouron
Cerise Guy s'empare du roman de Tolstoï - à partir de l'adaptation de l'Anglaise Helen Edmundson - et réunit Mathilde Hennekinne, Antoine Cholet, Emmanuel Dechartre, François Pouron et Eloïse Auria sur la scène du Théâtre 14.
François Pouron est Vronsky

Pourriez-vous nous présenter votre personnage ?
Vronsky est un jeune militaire à qui tout réussit. C'est un séducteur. Il n'est jamais vraiment tombé amoureux avant de rencontrer Anna. Il va être emporté par sa passion bien qu'elle soit déjà mariée.

Comment Cerise Guy a-t-elle choisi de mettre en scène les tourments amoureux des personnages ?
Anna et Lévine sont les deux héros du roman. Ils ne se connaissent pas. Pour vivre sa passion, Anna est prête à bouleverser tous les codes moraux. À l'opposé, lui est persuadé que la source du bonheur réside dans le mariage. Nous déroulons les histoires de chacun à travers leurs dialogues, dialogues virtuels car ils ne se rencontrent vraiment qu'à la fin, comme dans le roman. Nous suivons donc l'histoire d'amour d'Anna et Vronsky mais aussi celle de Lévine et de Kitty. Mais la relation Anna/Lévine est le socle du spectacle car ce procédé théâtral de dialogues virtuels permet de suivre leurs tourments intérieurs.

Cerise Guy, la passion selon Tolstoï

Pour quelles raisons "fascination de la mort" et "recherche éperdue de l'amour" vous paraissent-elles intimement liées ?
La recherche éperdue de l'amour est liée à la mort parce que, selon moi, elle n'a pas de limite. On veut aimer jusqu'au bout, se donner sans mesure. Ce genre d'amour est en fait la passion, et la passion n'a pas de raison, pas de code, pas de morale. Anna Karénina bouscule toute sa vie et ses croyances pour vivre un amour hors de toute respectabilité selon les mœurs de l'époque. C'est une fuite en avant, un genre de suicide déguisé, car elle sait bien, au fond d'elle-même, que sa vie deviendra intolérable. Mais elle aura vécu son histoire jusqu'au bout, sans connaître finalement le bonheur.

Dans quel univers avez-vous choisi de faire évoluer votre troupe ?
Je voulais une musique avec des tonalités mineures et des thèmes répétitifs, comme pour souligner que nos héros sont pris au piège et ne peuvent s'en sortir. Leur amour est une sorte de damnation. Les costumes, décors et lumières déterminent l'époque de la Russie de cette fin du XIXe siècle où se situe cette grande histoire. Nos codes actuels n'ont plus cette rigidité, mais la passion entre deux êtres peut revêtir les mêmes souffrances et les mêmes drames hier, aujourd'hui et encore demain...

Quelles impressions laissez-vous souhaiter aux spectateurs ?
J'aimerais que le spectateur soit embarqué par ce tourbillon de sentiments multiples : joie, chagrin, amertume, solitude, jalousie et aussi l'exaltation de l'amour. Tous les protagonistes de ce spectacle ont des histoires difficiles à vivre. Nous avons tous, à des degrés divers, éprouvé les mêmes tourments ou connu ce par quoi ils passent... Ils sont nos semblables. Nous nous reconnaissons en eux. Nous les connaissons. Ils sont vivants. Inoubliables. C'est là le génie de Tolstoï.
Zoom par Alain Bugnard
Paru le 25/03/2016

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