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D.R.


Libres sont les papillons
au théâtre Rive Gauche
Trois jeunes comédiens ont l'envie folle de jouer cette comédie américaine des années 70, gros succès à Broadway. La pièce est bonne, leur enthousiasme et leur conviction font le reste. Ils sont au Rive Gauche, le spectacle est une réussite, ils n'en reviennent pas.
Leur projet séduit Eric-Emmanuel Schmitt qui décide d'adapter la pièce, Jean-Luc Moreau accepte la mise en scène, les dirigeants du Rive Gauche suivent, ainsi que Nathalie Roussel.

L'histoire
Jeune aveugle, Quentin décide de s'éloigner d'une mère bourgeoise et protectrice pour s'assumer et profiter de la vie dans un studio à Barbès. Mais sa rencontre avec Julia, voisine particulièrement libérée, va mettre chacun face à ses maladresses dans sa façon d'aimer.

Julien Dereims est Quentin
Tout le monde le sait, il interprète le rôle d'un jeune aveugle. C'est difficile, mais imaginons ne pas le savoir et regardons le, son jeu est si subtil que c'est loin d'être flagrant au départ, ce n'est que progressivement que l'on comprend et que s'installe l'histoire. Observons alors ses yeux, pas un instant de faiblesse. C'est remarquable. « C'est le travail de Jean-Luc en fait, il ne m'a pas lâché. Et puis, au cours Simon j'avais une amie aveugle avec laquelle j'ai beaucoup parlé, je l'ai observée, j'ai regardé des vidéos de l'Américain Daniel Kish qui a développé une technique. J'ai beaucoup travaillé le physique, la façon de se tenir, la gestuelle. Alors je suis très heureux si le public trouve que ça paraît juste et crédible. Mais il faut s'appliquer à être toujours meilleur, à viser l'excellence, à toujours monter les marches pour arriver à quelque chose de bien. Il faut essayer du moins. J'admire Eric-Emmanuel Schmitt, j'ai lu pas mal de ses livres et comme beaucoup de monde j'aime son travail. C'est la même chose pour Jean-Luc avec lequel j'ai failli collaborer plusieurs fois. "Libres sont les papillons" est une pièce sur l'amour et c'est ce que l'on essaie de transmettre aux gens, pour le moment ça passe formidablement bien, je touche du bois ! »

Anouchka Delon est Julia
On aime d'emblée cette jeune fille, son charme, sa spontanéité, sa belle présence sur scène... Et sa reconnaissance profonde envers tous ceux qui les ont suivis dans ce rêve. On imagine pour elle toutes sortes de rôles, et celui de Julia à la fois fantasque et sensible, dont elle joue parfaitement les notes, n'est pas si facile. «Le thème de la pièce n'est pas drôle au fond, donc malgré la tentation il ne faut pas grossir le trait. Nous sommes là pour raconter une histoire profonde sans tomber dans les excès du comique ou du drame. Au début j'ai eu du mal avec Julia, beaucoup de mal à me lâcher car elle est très exubérante, à l'aise dans son corps, le contraire de moi qui suis plutôt timide et réservée. Julia se croit libre dans sa vie, mais à mon avis elle l'est moins que les autres. Je dois jouer le plus naturellement possible et ce qui est vraiment le plus compliqué pour moi c'est de lâcher prise. J'en ai même pleuré une fois en répétition ! Heureusement que Jean-Luc est toujours là pour nous pousser et nous faire confiance. Il est très ferme, mais toujours dans le calme, la délicatesse et la gentillesse. Et puis Eric-Emmanuel a été formidable aussi en nous laissant une certaine liberté au niveau du texte s'il nous posait un problème à certains endroits. Peu d'auteurs sont comme ça. Quelle chance on a eue qu'ils croient tous en nous, les petits jeunes ! »

Guillaume Beyeler est Augustin
Beaucoup moins présent sur scène, il s'impose néanmoins dans le rôle d'un jeune metteur en scène tyrannique et déjanté, si éloigné du jeune homme sympathique et chaleureux que l'on rencontre. « C'est vrai que mon rôle est comme pour Anouchka, très éloigné de moi. Disons franchement les choses : c'est un gros con et ça a été très intéressant à travailler, car comme vous le dites il ne fallait pas tomber dans la caricature. Le souci pour chacun d'entre nous est de veiller à rester toujours dans la vérité, le concret et l'humain. Pour moi la pièce parle évidemment du handicap, mais surtout de la vie. Le sujet principal à mon sens n'est pas que Quentin soit aveugle, mais la question de savoir comment on parvient à dépasser une épreuve quelle qu'elle soit. Cette pièce me touche parce qu'elle aborde le sujet de manière très simple, avec une grande vérité. Et je voudrais ajouter une chose que j'ai trouvée très élégante de sa part, lorsque Jean-Luc Moreau est monté sur scène le soir de la Première, il a dit : Trois jeunes comédiens sont venus me chercher et j'ai pensé qu'il était intéressant de faire un pont entre mon expérience et leur jeunesse. Sa générosité et sa confiance sont résumées là en une phrase. En conclusion, nous avons été de la part de tous, entourés de confiance et de bienveillance, c'est si précieux pour de jeunes comédiens ! »

Nathalie Roussel est Florence, la mère.
Tous les trois n'ont pour elle qu'amour et dithyrambes, on les comprend. De son côté, la comédienne le leur rend bien. Parfaite dans ce rôle tout en nuances de mère dissimulant sous son élégance sa fragilité, ses manques. «Je trouve ça extraordinaire, j'admire ces jeunes qui savent dire : Je ne veux pas ça, je veux ça parce que c'est ce que j'aime. Ils sont merveilleux, gentils et courageux, il faut le dire. Je parle beaucoup avec Guillaume qui a une vision vraie de la scène, qui est là toujours attentif derrière le rideau. Et puis Anouchka est une telle force vive, elle est vraie, nature... Ce n'est pas qu'ils soient sûrs d'eux mais ils ont cette force qui m'entraîne et je monte tous les soirs sur scène avec délice, avec... Amourtié je dirais, oui amourtié, c'est ça. Il y a beaucoup de choses à creuser, à jouer dans cette comédie écrite comme une tragédie classique avec unité de temps, de lieu, d'action. Je joue une mère qui a du mal à lâcher son fils et tout ce qu'elle projette sur lui, comme son manque d'amour, alors que lui veut m'imposer sa vie de jeune homme et non plus sa différence. Puis, au cours de cette journée, les rôles vont évoluer. Et Julien bon sang ! Il me regarde avec ses yeux qui tournent, je joue avec un corps, une voix, mais jamais les yeux dans les yeux c'est incroyable ! C'est un bonheur de travailler dans ce théâtre, avec tous ces gens si soucieux des acteurs !"
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 02/04/2016

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