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© Bruno Perroud


Zoé Félix
à l’affiche de « Je vous écoute » au théâtre Tristan Bernard.
Après «Le placard» de Francis Veber, Zoé Félix s'allonge sur le divan dans une pièce signée Bénabar et Hector Cabello Reyes, mise en scène par Isabelle Nanty. Pascal Demolon et Bénabar lui donnent la réplique.
Tout à la joie de monter pour la seconde fois sur les planches, elle parle de son bonheur d'avoir été choisie, de sa vie de comédienne, de jolie femme heureuse dans son âge à l'approche de la quarantaine, du cinéma et de la télévision, de ses rendez-vous avec la psychanalyse, des angoisses qui s'éloignent et de celles qui demeurent, du théâtre et de cette pièce qui l'enchante mais dont elle ne veut dévoiler qu'un peu l'intrigue... « Parce qu'il le croit responsable, un mari séquestre le psy de sa femme qui vient de le quitter. S'en suit une série de situations plus ou moins rocambolesques. C'est une satire assez grinçante mais légère du milieu de la psychanalyse. » Zoé Félix sait, pour en avoir fait l'expérience, ce qu'est une analyse. Elle en parle d'autant plus volontiers qu'elle fait le parallèle avec son métier de comédienne. « Mais attention, ça n'engage que moi ! » précise t-elle en riant.

Mieux vaut apprendre à être heureux dans l'incertitude


« Ça me faisait si peur de monter sur scène ! Mais j'ai fini par me jeter à l'eau et ça m'a libérée de ce que j'avais refoulé en moi. Du coup j'ai arrêté l'analyse pour le moment. Ce travail que l'on y fait sur soi me fait penser à celui du comédien qui prépare un personnage et voit les choses venir d'une manière mystérieuse... Sur le divan ou sur la scène il y a quelque chose de magique dans ce rendez-vous avec soi-même, ce don de soi, ce parvenir à lâcher prise et cette décision que l'on prend à un moment donné d'accepter ou pas d'ailleurs, de livrer des choses intimes. Il y a un moment où il faut arrêter de réfléchir et se jeter dans l'action. Plus on acquiert de maturité dans ce métier, plus c'est intéressant et curieusement plus difficile.»

N'est-ce pas étrange de se retrouver allongée sur le divan d'un psy de comédie quand on a vécu cette expérience dans le réel ? « C'est tout le paradoxe du comédien ! Sur scène on accomplit son travail, on sait où l'on va, le but est de s'oublier pour que le public puisse faire siens les sentiments, les émotions que le personnage exprime. Ce qui me plait dans cette pièce c'est ce subtil dosage entre profondeur et légèreté dans l'écriture. Je suis heureuse que Bénabar ait fait appel à moi pour ce rôle qui me donne l'occasion de travailler aussi sur l'émotion. Je découvre avec bonheur le côté aérien d'Isabelle Nanty, la sobriété de Bénabar, un excellent comédien et quelqu'un tout à la fois de très ouvert et discret. Sans oublier Pascal Demolon qu'on adore ! » Zoé Félix jouit aujourd'hui du bonheur de jouer au théâtre, un milieu qui n'était pas le sien et qui n'a pas toujours été tendre. « Dans les moments difficiles mieux apprendre à aimer sa solitude, à être heureux dans l'incertitude. Pour moi qui n'aime pas me battre, la première étape est celle du désir que l'on a de vous, je ressens ça comme des épousailles et non comme une bataille pour convaincre. Mais c'est si beau d'être sur les planches ! C'est l'essence même du métier de comédien.»
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 18/02/2016

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