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© Bruno Perroud


Pierre Palmade
joue «Home» sous la direction de Gérard Desarthe, au théâtre de L’œuvre
L'affiche a de quoi surprendre. Entouré de Gérard Desarthe, Carole Bouquet, Valérie Karsenti et Vincent Deniard, Pierre Palmade change de registre et joue la folie, dans l'univers clos d'un hôpital psychiatrique.
De ce projet :

Jusqu'alors, tant pour lui que pour les autres, il prêtait son élégance et son talent au registre comique. Aujourd'hui, heureux, fier et un tantinet inquiet il parle de cette nouvelle porte qui s'ouvre devant lui. «Carole est l'instigatrice de ce projet que Gérard Desarthe met en scène. Elle a réuni deux envies, celle de le retrouver, et celle de jouer avec moi. Mais c'est vrai que Desarthe-Palmade, ça n'est pas évident à priori ! J'ai commencé au café théâtre sans bases, sans cours, j'imitais un peu les gens que j'admirais. Je cherchais ma personnalité d'acteur. Là, je crois que même si Home avait été une mauvaise pièce, j'aurais accepté pour jouer avec Carole et recevoir l'enseignement de Gérard Desarthe. J'ajoute que nous avons tous pensé que Valérie Karsenti serait notre cerise sur le gâteau.»

De la pièce :

« Jack est une sorte de dandy, fier d'avoir appartenu à la Royal Air Force et dont on ne sait jamais s'il dit la vérité ou s'il est vraiment fou. Il ne supporte pas le manque d'éducation chez ces filles très popu. Et Carole dans le rôle d'une femme de l'Angleterre profonde, c'est quelque chose ! Au début je croyais que la pièce appartenait au théâtre de l'absurde des années 70 et ça me faisait un peu peur. Mais en la lisant je me suis dit qu'elle pouvait aussi être drôle. Sa progression est intéressante, on ne réalise que peu à peu où se passe la scène, avant de comprendre qu'il s'agit de cinq aliénés ayant pendant un moment l'illusion de communiquer entre eux, pour s'apercevoir au final qu'ils restent murés en eux-mêmes et dans leur tristesse, sans perspective...»

De la difficulté de ne n'être plus Pierre Palmade pour devenir Jack :

Maître absolu de sa plume et de ses spectacles, il doit ici épouser le point de vue d'un metteur en scène et suivre ses indications. « Effectivement, Gérard tenait à ce l'on ne voit plus Pierre Palmade, à ce que j'oublie mon propre esprit pour ne plus penser qu'au personnage, que mon corps soit seul dans cet asile. J'ai cru que je n'y arriverais jamais, j'en ai même pleuré, puis ça s'est débloqué. J'ai compris que Gérard cherche la vérité des choses, que tout ce qu'il fait est justifié, qu'il ne voulait pas me couper les ailes, mais désirait simplement que j'atteigne à la vérité du personnage. Dans mes spectacles l'intonation a une grande importance, il faut respecter une musique très précise. Là, je n'ai plus un devoir d'efficacité comique, mais un devoir de vérité. C'est la première fois que je dois m'exécuter sans apporter ma pierre à l'édifice, pour respecter la vision du metteur en scène, car il n'y a rien de pire que l'incohérence dans un spectacle ! Pourtant, c'est aussi la première fois que je joue dans une telle liberté ! C'est passionnant, non ? J'apprends beaucoup et ça me donne envie d'arrêter un peu mon propre théâtre, pour continuer à me nourrir. Il n'est pas impossible que j'écrive aussi un peu différemment... Peut-être même que je me sens un peu plus intelligent!» conclut-il en riant.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 04/12/2015

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