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Charlotte Gaccio
© Pascalito


énorme !
de Neil Labute au Théâtre de Paris, salle Réjane
Comment un jeune cadre dynamique bien sous tout rapport peut-il, face au jugement conformiste de ses amis, imposer son amour pour une jeune femme opulente, fut-elle intelligente et pleine d'humour ?
Marie-Pascale Osterrieth signe la mise en scène de cette comédie grinçante, dont le thème n'a jamais été abordé de la sorte en France. Elle en co-signe l'adaption avec Charlotte Gaccio aux côtés de laquelle Julie de Bona, Bertrand Usclat et Thomas Lempire jouent l'hypocrisie, l'émotion, la méchanceté. Ils sont tous formidables.

Charlotte Gaccio est Hélène :

Habituée à fouler les planches des salles de concerts, elle fait de ses premiers pas sur la scène d'un théâtre parisien une vraie réussite. Charme, humour, intelligence, d'emblée, malgré une trouille bleue, elle s'impose. « Lorsque j'ai lu la pièce, elle m'a fait peur. Je l'ai acceptée à condition de participer à l'adaptation, d'avoir le choix de certains mots que j'allais entendre quand je me fais insulter. L'anglais est plus violent, plus direct, il fallait que je puisse mettre une certaine distance, que je me mettre dans la tête que ça n'est pas moi qu'on insulte, mais mon personnage. Ça a été difficile. Le titre original est quand même Fat pig ! « Grosse truie ». Nous avons trouvé à la place «énrome !» un mot à double sens qui est plus subtil. Dans la vie, j'ai décidé depuis longtemps de me sentir bien, mais de là à entendre tous les soirs des horreurs proférées à mon sujet ! » Le rire fuse, joyeux. Il peut l'être, le public est embarqué dès le début. « Oui, on sent qu'il est touché, concerné, le rire change, au fur et à mesure que la pièce avance il devient plus gêné. Je crois que les gens s'attachent au personnage d'Hélène et c'est très beau à ressentir. On se dit que jouer ça a du sens, que montrer combien le regard, quand on le pose sur soi-même, peut nous renvoyer une image qui a de quoi faire réfléchir. Et nous, on est tous tellement heureux de recevoir chaque soir du public, des tonnes d'amour ! »

Julie de Bona est Julie la méchante :

Jolie jeune femme, elle jouait jusqu'alors des personnages sympathiques. La voici plus vraie que nature dans son premier rôle de garce, nonobstant la belle amitié qu'elle partage dans la vie avec Charlotte. «Je l'admire, elle est belle et tellement heureuse ! Il y a entre nous beaucoup de tendresse et de respect, alors pour moi c'est atroce de dire ces mots sur elle, d'autant que mon personnage s'appelle aussi Julie ! J'ai l'impression que c'est réellement moi qui profère ces horreurs. C'est très dur. Tout ce que les gens pensent tout bas, mon personnage et celui de Thomas le disent haut et fort. Mais là, le regard le plus terrible je crois, est le regard que l'on porte sur soi-même quand on craint le regard des autres, comme le fait le personnage de Thomas. Il faut vraiment être fou pour faire du théâtre, pour affronter sa peur, mais si l'on fait ce métier c'est aussi parce qu'on aime raconter des histoires. Et dans mon cas, parce que j'ai besoin d'adrénaline ! En assumant et en tentant d'humaniser ce rôle qui représente le côté sombre de la société, je franchis un cap dans mon travail, et j'espère faire bouger les mentalités ! »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 29/11/2015

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