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© Bruno Perroud


Judith Magre
«Oscar et la Dame Rose» au théâtre Rive Gauche
Pas de temps mort pour Judith Magre, à l'affiche en septembre de «Oscar et la dame rose» d'Eric-Emmanuel Schmitt. Un rôle qu'elle ne pouvait refuser.
« Je m'étais pourtant juré, dit-elle en riant, de ne plus jamais jouer une pièce seule en scène, parce que c'est très difficile et je l'ai déjà fait quatre fois. Mais voilà, que je recommence ! » Eric-Emmanuel Schmitt s'est donc montré très persuasif ! « Oui, c'est quelqu'un de très chaleureux et son théâtre est très bien. Et puis j'ai déjà travaillé avec Steve Suissa qui fait la mise en scène, ainsi qu'avec son assistante Stéphanie Froeliger que je connais bien depuis Rose, la pièce de Martin Sherman. Je les adore tous les deux !» Extrêmement sensible aux bons rapports humains, elle précise : « Le texte bien sûr est très important, mais il faut aussi que les gens qui vous entourent vous regardent avec chaleur et bienveillance, sinon, comment voulez-vous travailler ?»

"Quand je suis en train d'apprendre, je ne pense pas"

L'histoire est celle d'Oscar, dix ans, hospitalisé pour une leucémie. Au plus profond de sa solitude le petit garçon s'attache à cette drôle de Dame Rose qui lui rend visite et le distrait. Sur ses conseils, il écrit chaque jour une lettre à Dieu pour lui raconter des histoires à travers lesquelles l'imagination mène la danse. Si le thème en est grave, Eric-Emmanuel Schmitt traite ce conte métaphysique avec tendresse, humour et espièglerie. Judith Magre, elle, préfère pour l'instant ne pas trop parler de son rôle. Son caractère ne la porte pas vers l'analyse ou l'introspection. « En tout cas, ça n'est pas une pièce sinistre ! Et si ça avait été gnangnan, je n'aurais pas pu. Cette Mamie Rose a beaucoup d'imagination, on ne sait pas trop ce qui est vrai dans ce qu'elle raconte. Alors moi, je me fais ma petite cuisine personnelle mais pour l'instant je la garde pour moi parce que ça n'est pas amusant de tout raconter. C'est mieux de découvrir. En ce moment j'apprends le texte, c'est la partie embêtante du métier je trouve, mais il faut bien en passer par là ! Et quand je suis en train d'apprendre, je ne pense pas. »

Au milieu d'une conversation à bâtons rompus, agréable et joyeuse, Judith Magre vous glisse «Je ne suis pas une parleuse, c'est pour ça que je fais du théâtre, je me sers des mots des autres plutôt que des miens. » Douée d'une formidable jeunesse et vivacité d'esprit, elle dit avoir une mémoire très sélective, et aux détails encombrants préférer les impressions qui demeurent. « Par exemple quand j'ai terminé une pièce, j'oublie tout. Et quand je vais en voir une c'est un peu pareil, il me reste surtout des sensations. » Une manière d'aborder le présent en toute sérénité, sans se poser trop de questions ? Le rire fuse « Des questions, je m'en pose tous les jours et pour tout ! Je suis une angoissée, c'est affreux. C'est aussi pour ça que je travaille beaucoup et avec des gens que j'aime, ça m'occupe très agréablement ! » Un texte à apprendre pour un tournage à Bordeaux, des lectures ici ou là, une petite tournée l'an prochain, outre la Dame Rose, Judith Magre peut partir rassurée pour trois semaines de vacances, l'oisiveté ne lui tiendra pas compagnie.
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 23/09/2015

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