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© Christophe Vootz


Le Poisson belge
au théâtre La Pépinière
Pour ses débuts au théâtre Marc Lavoine, en choisissant la dernière pièce de Léonore Confino, tourne le dos à la banalité. Avec Géraldine Martineau comme partenaire et Catherine Schaub à la mise en scène, le spectacle ne devrait pas fouler les sentiers battus.
Il est Grande monsieur, elle est Petit fille. Ils font connaissance, assis sur un banc, au bord d'un lac à Bruxelles. C'est l'hiver, il fait froid, la brume... Elle attaque : « J'ai faim ». Conversation surréaliste. Elle le suit, s'installe de force dans sa vie le temps de... Relation surréaliste, plus encore. Drôle de titre, drôles de noms, drôle de conte. Comment les deux acteurs voient-ils cette histoire, et pourquoi l'aiment-ils ?

Géraldine Martineau

C'est tout ce que j'aime dans le théâtre. Une rencontre humainement très forte entre deux êtres hors norme sur la défensive, deux solitudes qui attendent quelqu'un qui ne viendra pas. Du coup ils vont faire tant bien que mal un bout de route ensemble. Du point de vue dramaturgique c'est drôle, poétique, et même surnaturel. C'est aussi un hommage à l'enfance, à son imaginaire, sa liberté, sa cruauté. Petit fille va être un catalyseur pour lui, qui durant sa vie a recouvert de mouchoirs bien des chagrins. Léonore aborde aussi la question des genres : elle est un garçon manqué, et lui au début porte des boucles d'oreilles. Et puis j'aime ce titre mystérieux. Mais ce poisson aura un rôle important à jouer ! Pour l'instant nous cherchons ensemble et librement notre vérité à travers ce texte... notre vie, nos pensées, le monde. Parce qu'on aime énormément cette pièce, on ne veut tricher ni avec le public, ni avec nous-mêmes.

Marc Lavoine

Cette pièce rend compte d'une collision entre deux êtres qui sont, comme nous tous, approximatifs et qui font semblant d'être intégrés et d'aller bien, mais connaissent des blessures, des contradictions qu'ils ont appris à masquer. Il faut la voir comme une caméra qui descend au niveau de l'enfance et nous permet de décrypter nos silences, de faire tomber nos masques. L'enfance ne nous quitte jamais. Un jour, elle nous tape sur l'épaule et nous dit : « Es-tu resté fidèle à ce que tu croyais ? Es-tu toujours aussi audacieux ? N'as-tu pas mis ton imaginaire dans une boîte, pour le jeter par la fenêtre ou l'enterrer dans le jardin ? Qui es-tu aujourd'hui ?» Des questions que chacun se pose souvent en s'endormant pour, le matin, remettre sa panoplie de petit soldat et reprendre avec conviction sa marche forcée dans la réalité de la vie. Mais on n'y trouve pas seul son chemin, on le trouve grâce à l'autre. C'est dans cette manière qu'elle a d'aborder le thème de l'identité que Léonore est habile. Elle le fait progressivement, ce qui nous permet de comprendre ce qui habituellement nous échappe, et qui serait comme un haussement d'épaule dont on a qu'à se foutre car il faut bien vivre. Mais au-delà de vivre, il faut aussi exister, et si on ignore ce qu'est la vie, on a tout de même quelque chose à faire avec l'existence. Je pense que c'est ce que la pièce nous enseigne, elle nous conseille de ne pas nous laisser mourir à petit feu mais, au contraire, de choisir le parti de la vie. C'est, à sa lecture, ce qui m'a plu et m'a touché.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 01/10/2015

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