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© Bruno Perroud


Didier Long
directeur du théâtre de l’Atelier
Il y a des jours où le bonheur se porte large, où l'on demanderait presque à son rêve d'enfance de vous pincer, pour être sûr... Didier Long, maintenant dans son beau théâtre de l'Atelier. Une joie et un sens des responsabilités qu'il partage sans réserve.
Le Théâtre! Il en rêvait et à l'heure où l'on joue aux cow-boys et aux indiens, le jeune Didier se fabriquait déjà sa vie. Il prit des cours, devint comédien puis metteur en scène. Il fut nommé neuf fois aux Molière du metteur en scène (dont deux en 2015), fut directeur artistique de plusieurs Festivals, taraudé par ce désir fou : diriger un jour son propre théâtre. C'est chose faite, le théâtre du grand Charles Dullin est à lui. Déjà le public bat des mains à ses premières programmations : Sami Frey, Dominique Blanc et Jean-François Balmer sont venus en parrains inaugurer un cycle de lectures, Guesch Patti a présenté son spectacle danse/théâtre, quant à Olivier Saladin il déclenche avec «Ancien malade des hôpitaux de Paris» de Daniel Pennac, remarquablement mis en scène par Benjamin Guillard, joie et hilarité d'une salle comble. Comment Didier Long envisage-t-il son rôle dans le respect de ses envies et de ses convictions ? Comment faire en sorte que l'art et les contraintes ne soient pas ennemis ?

C'est la diversité qui est la force de vie du théâtre

«Un théâtre a son identité propre. Si en prendre la direction revient à écrire une nouvelle page de son histoire, c'est aussi devenir pour un temps le maillon d'une longue chaîne garante de la pérennité de sa spécificité et de son exigence artistique. La mission d'un directeur comporte plus de devoirs que de droits, autrement dit, il prend d'après moi l'engagement moral de servir le théâtre et non de s'en servir. A l'écoute des metteurs en scène, porteurs de projets, le rôle du directeur, décision prise d'adhérer à leur proposition, est d'accompagner au plus juste leur vision du spectacle en devenir, sans négliger la nécessité de mettre en perspective les rêves, les idéaux artistiques avec les contraintes budgétaires et la cohérence d'une programmation. Comédien, auteur, metteur en scène, chaque acteur de la création apporte ce qu'il a de plus intime, joue une tranche de sa vie. L'humain, l'irrationnel, l'enthousiasme, l'imaginaire prévalent à chaque nouvelle aventure. Pour qu'elle se concrétise sans perdre sa raison d'être devant un public qui applaudit à « ce mensonge qui dit toujours la vérité » ( Cocteau), le directeur de théâtre s'assure que les vicissitudes budgétaires entameront le moins possible ce qui a d'abord emporté sa conviction et celle des artistes engagés dans l'aventure. Il veille à ce que les contraintes matérielles, les aléas ne banalisent pas le résultat final mais se transformant, s'intègrent au processus de création.

Rendre complémentaire ce qui est vécu comme contradictoire, faire en sorte que chacun se reconnaisse dans le résultat final. Un juste équilibre à trouver pour que, chacun à sa place. L'alchimie demeure, que le théâtre soit un lieu d'échanges, d'interrogations, d'émotions, qu'il demeure acteur de plus value pour son époque et résiste de fait, sous couvert de réalisme, à la tentation du tout commercial. Création ou pièce du répertoire, production privée ou en partenariat avec le subventionné, c'est le projet qui emporte ou non ma décision de le programmer. Diriger un théâtre c'est éprouver ses idéaux face à la possibilité ou non de leur mise en œuvre. Faire des choix. Avoir les pieds sur terre en tentant de garder la tête dans les étoiles. Faire appel aux savoir-faire et se soucier du faire-savoir pour que le public vienne en nombre.

Mon souhait est de défendre une exigence qualitative associée à la volonté d'accessibilité (y compris pour le prix des places). Comme metteur en scène, mes projets ont d'abord répondu à un désir, une nécessité. Comme directeur, je suis animé du même besoin. » Autre volonté du directeur : son théâtre restera ouvert tout l'été, Jacques Weber y reprendra «Gustave», d'après la correspondance de Flaubert. En septembre, François Morel jouera «Yacinthe et Rose» à 19 heures, suivi à 21 heures par «Le Mariage de Figaro, monté par ses soins avec Bruno Solo « Un vieux rêve » dit-il.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 15/07/2015

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