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© Bruno Perroud


24h de la vie d’une femme
au théâtre Rive Gauche
Selon Eric-Emmanuel Schmitt, qui adapte pour la seconde fois une œuvre de l'écrivain, « Jamais Zweig n'a montré, avec autant d'intensité, la personne inconnue qui se tapit au fond de nous et qui attend son heure... Un voyage fascinant dans la complexité humaine. », dont il confie la mise en scène à Steve Suissa.

Clémentine Célarié, est Célia

En tournage pour la série de France 2 «Lebowitz contre Lebowitz», avec gentillesse et bonne humeur elle fait une pause. «Ouf ! Je crois que je n'ai jamais autant travaillé de ma vie.»

Après «La Techtonique des sentiments» vous retrouvez Eric-Emmanuele Schmitt avec un personnage qui doit vous séduire.
Oui, car pour moi qu'il s'agisse d'amour, de travail ou d'autre chose, la vie ne peut être que passions, je ne connais pas le tourisme. Vivre passionnément c'est précisément ce que, durant 24 heures, va faire l'héroïne de Zweig qui n'avait encore jamais connu ça.

Comment Eric-Emmanuel Schmitt a t-il adapté pour le théâtre cette nouvelle considérée par Freud, ami de l'écrivain, comme un chef-d'œuvre ? Une nouvelle constituée de deux récits imbriqués l'un dans l'autre.
Dans l'adaptation d'Eric-Emmanuel que je trouve particulièrement intéressante, l'histoire se passe dans les années 60 avec ce côté un peu «dolce vita» d'une bourgeoisie italienne très classe. Célia que j'incarne peut aussi faire penser à Gena Rowlands dans Gloria, une femme qui a de la trempe mais qui en même temps est fragile. Et ce n'est pas, comme dans la nouvelle, au narrateur qu'elle va confier l'histoire qui l'a liée jadis durant 24 heures à un jeune polonais victime de son addiction au jeu. Une rencontre vécue comme une collusion de deux pierres emportées par un torrent.»

Célia est double, capable de passion mais aussi très réservée. Un aspect plus difficile à aborder pour vous ?
Oui, Je dois travailler sur ce qui est très éloigné de moi, cette retenue, ces choses que l'on ne dit pas. Moi, ma pudeur je l'exprime en faisant des blagues, en me moquant de moi-même. Alors je dirais que c'est... merveilleusement difficile ! Pour moi, Clémentine, à ce moment de ma vie, ce rôle est un bijou. Pour une actrice, le temps est un trésor formidable qui permet d'exprimer toutes ces nuances d'émotion, tout ce que l'on a engrangé, vécu... Par exemple voir encore vibrer la vie à travers quelqu'un qui veut mourir. A un moment donné Célia dit: « C'est du feu qui jaillissait de cette tête. » Ça, c'est la vie, avoir des émotions fortes quand on a la chance de ne pas être malade et de pouvoir les vivre ! Pour ça, je suis heureuse d'incarner cette femme. Pour moi le théâtre ça n'est pas faire un carton, aller vers quelque chose qui va marcher, c'est entrer dans une histoire qui va me transporter et qui je l'espère va transporter le public.


Loris Freeman, est le jeune joueur au bord du suicide

Danseur classique de formation, une opération du dos met un terme à sa carrière. « On ne peut pas devenir danseur professionnel sans passion, sans sacrifices. » Alors, pour ne pas sombrer il entreprend une formation à l'écriture, travaille au service reportage de TF1, découvre le monde, réalise des documentaires, compose de la musique.

Et vous voici pour la première fois au théâtre, dans une pièce où la passion est reine...
Oui, et j'en suis heureux. Mon rôle est presque muet. J'apparais à deux reprises en ombre chinoise. A la table de jeu, les gestes de ce joueur sont ceux d'une personne qui se noie. C'est un rôle d'autant plus intéressant pour moi qu'il ne s'appuie sur aucun texte et impose en même temps d'exprimer la fragilité du personnage, qui ne se sentira revivre qu'avec l'apparition de cette femme qui fera tout pour le sauver sans y parvenir. C'est un travail extraordinaire qui nécessite de puiser au fond de soi pour le restituer le plus subtilement possible. Cette pièce m'émeut et c'est un cadeau extraordinaire que d'avoir la chance de partager ça avec Clémentine qui est quelqu'un de si généreux et formidable !


Samuel Nibaudeau, le serveur

Cours de théâtre, court métrage, pub, photo et Ligue d'improvisation, il rêvait d'être comédien. «Mais il arrive dans la vie que l'on soit contraint de mettre un terme à sa passion. Après une pause de deux ans, je suis entré au Rive Gauche comme régisseur de plateau.» Qui a vu «Le Joueur d'échecs» l'a vu apparaître sur scène pour apporter à Zweig-Francis Huster, le véronal qui mettra fin à ses jours. «Là, je suis un serveur. J'arrive au début, je pose des questions à Célia qui outrepassent un peu le cadre de ma profession, mais qui sont plus ou moins liées à ce qui va se passer après. Puis je reviens au trois-quarts de la pièce à un moment où elle ne semble pas être heureuse. J'essaie d'apporter un peu d'humour. Voilà. C'est une joie pour moi de faire partie de cette équipe dans une très belle pièce. «
Dossier par Jeanne Hofstetter
Paru le 03/07/2015

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