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© Bruno Perroud
D.R.


Stanley Weber
de chair et de cœur, au théâtre de l’Atelier
«Anna Christie», la pièce d'Eugène O'Neill adaptée par Jean-Claude Carrière et mise en scène par Jean-Louis Martinelli, lui offre un rôle aussi délicat à jouer que superbe.
Autour de lui, la présence sur scène, le jeu de Mélanie Thierry et Féodor Atkine en impose. Charlotte Maury-Sentier n'est pas en reste en tenancière d'un bar à marins New-Yorkais. Ecrite en 1920, l'intrigue repose sur les retrouvailles dans ce bar, d'une jeune fille abandonnée par son père, vieux marin alcoolique et veuf. Quinze ans ont passé, chacun a suivi sa route... Sur fond d'alcool, de corne de brume, de « saleté de mer, » de sentiments exacerbés et de rancune, la pièce est sombre, nous pourrions redouter l'ennui, le poids d'un spectacle frôlant le mélodrame. Il n'en est rien, quelque chose vous embarque à votre insu, vous oubliez le temps. Stanley Weber (Matt Burke) marin Irlandais victime d'un naufrage, n'émerge qu'au bout d'une vingtaine de minutes, tombé au cœur de ces retrouvailles pour en devenir le trouble fête. Le rôle, complexe, brut, n'en est que plus difficile.

Aujourd'hui notre vie est si planifiée, sans prise de risques, sans aventure...


«Il est délicat, je vous l'accorde, car il faut trouver son énergie à travers tout ça, mais c'est un rôle qui offre tellement de liberté et dans lequel je vais pouvoir progresser au fil des semaines. Il y a dans ce personnage énormément de matière, de cœur. J'y retrouve les codes, les valeurs qui me plaisent, qui me touchent, comme la liberté, la brutalité des sentiments. Matt a quelque chose de l'ordre du charnel, de l'organique, il n'est pas dans la séduction, il est dans la drague. Mais il a quand même son petit plan de vie avec une maison, une femme qui l'attendrait, des enfants. Une vision du couple idéal qui apparaît très touchante venant de ce bloc d'émotions, de cette masse brutale qui n'a peur de rien et qui est d'une franchise désarmante. C'est un rôle passionnant et grâce à Jean-Louis Martinelli avec lequel c'est un plaisir de travailler, les choses évoluent bien, nous sommes heureux de faire grandir ensemble et dans la joie ce spectacle.»

Conscient des difficultés qu'il y a à accéder à ses envies profondes de retourner à la mise en scène et de monter deux pièces anglaises qu'il a traduites, Stanley Weber bâtit « pierre par pierre » son chemin dans le respect de ses idées, de ses rêves, de ses désirs. Comme celui d'aborder un jour la comédie musicale, de faire une transatlantique à la voile, comme celui de jouer bientôt Noces de sang monté par Daniel San Pedro avec la magnifique Compagnie des Petits Champs. Des gens formidables qu'il admire et le confortent dans l'amour de ce métier. « Aujourd'hui notre vie tout est si planifiée, sans prise de risques, sans aventure, avec cette obsession de la sécurité ... Lorsque vous êtes acteur, vous êtes assisté aussi, on vous traite souvent comme un enfant roi... Je vois très bien le chemin qui peut vous déconnecter de la réalité si vous n'y prenez garde. Il faut être solide dans sa tête et savoir ce que l'on veut. Mais j'ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes et d'avoir été bien éduqué par ma famille, ce qui me permet de garder tout ça à l'esprit. »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 09/03/2015

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