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©R.Toussaint


Corinne Touzet
est Antonietta au Petit Montparnasse
Le couple mythique d'»Une journée Particulière» d'Ettore Scola, revit sur scène grâce à Corinne Touzet et Jérôme Anger, dirigés par Christophe Lidon.
Ma perché no ? Fantastico ! Voilà résumée l'histoire d'un rêve qui a pris corps il y a deux ans au théâtre du Chêne noir d'Avignon et revient de quatre mois de tournée. Bien avant ça, alors qu'elle tournait à Cinecittà sous la direction de Marco Bellocchio, la comédienne décide de rencontrer Ettore Scola qu'elle admire. Bottin, téléphone, à l'autre bout du fil l'épouse du réalisateur : Il est au studio, allez-y. Tant de simplicité... La jeune personne n'en croit pas ses oreilles, s'excuse, craint de déranger... Que nenni. Mais non, allez-y ! Corinne Touzet en rit encore. « Je m'étais un peu perdue dans les décors, j'ai frappé à une porte et là, dans une pièce minuscule Ettore Scola tapait à la machine. J'ai halluciné. J'avais 26 ou 27 ans. Voilà comment nous avons fait connaissance. Depuis, j'ai vu tous ses films et lui suivait ma carrière. » Femme de tête et de cœur Corinne Touzet a depuis tourné plus de quatre-vingt films, monté sa maison de production et s'implique dans l'association Mécénat chirurgie cardiaque. Lorsqu'elle parle à Ettore Scola de cette idée folle, tenace : acheter les droits d'»Une journée particulière», reprendre au théâtre le rôle de Sophia Loren et produire, seule, le spectacle. «Quelle audace ! Ma perché no ? Fantastico !» Lui répond t-il. Elle est folle de joie.

Je suis vraiment fière de ce spectacle qui est d'une actualité féroce

« A partir de là ma quête a été de trouver un metteur en scène et là, il faut absolument parler de Christophe Lidon. Je crois que transposer sur scène ce chef-d'œuvre a été le travail le plus difficile que nous ayons eu à faire car les personnages sont les mêmes, l'histoire est la même, les dialogues sont ceux du film, mais évidemment au théâtre on ne peut pas faire de gros plan, on ne peut pas rentrer dans notre regard... On a resserré, coupé, et inventé aussi sans toucher un iota du texte, et en respectant le cahier des charges d'Ettore qui tenait à ce que le bruit soit restitué, avec tous ces gens dehors, ces haut-parleurs qui diffusaient la rencontre entre Hitler et Mussolini. Mais vous verrez, je ne veux pas en dire plus. Ensuite Jérôme est venu et c'est comme si l'on se connaissait depuis toujours. Il est formidable !»

Ecrite en 1977 cette histoire fait aujourd'hui figure de coup de poing avec la montée des extrémismes, l'homophobie et la solitude en toile de fond. Une solitude qui aujourd'hui prend d'autres couleurs... « Oui, je suis vraiment fière de ce spectacle qui est d'une actualité féroce. Et ce qui me touche le plus, c'est la solitude de ces deux personnages. Aujourd'hui alors que le monde entier entre dans les maisons, on s'isole face à nos écrans, les écouteurs sur les oreilles. On ne se rencontre plus, on ne se parle plus que par textos...» Corinne Touzet, elle, aime les rencontres, les regards, parler, écouter. Bientôt ils joueront la pièce à Rome, à Milan, Naples et Florence. Elle rêve maintenant, dit-elle en riant, de jouer une vraie méchante, et en 2016 elle réalisera son premier film. Que du bonheur et il se voit !
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 18/03/2015

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