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© Fabienne Rappeneau


L’Élixir d’amour
Marie-Claude Pietragalla & Eric-Emmanuel Schmitt au théâtre Rive Gauche
Mise en scène par Steve Suissa, la pièce, adaptée de son propre roman par Eric-Emmanuel Schmitt, nous conte une manière de vivre aujourd'hui une rupture amoureuse. Entre suspense et plaisir des mots...
Eric-Emmanuel Schmitt est Adam
Bien de notre époque, cette histoire s'appuie sur l'Opéra de Donizetti dont l'action se déroule au XVIIIème siècle...
Oui, Louise et Adam se sont connus un soir à l'Opéra en écoutant «L'Elixir d'amour», avant de vivre une vraie passion. L'histoire commence lorsqu'ils se séparent, après avoir mis entre eux un océan puisque Louise s'installe à Montréal. Mais Adam a besoin d'écrire tous les jours à Louise, qui le déteste passionnément. Alors peu à peu ils vont être conduits à réfléchir : Qu'est-ce que l'amour ? L'amitié ? Ils vont tenter de retrouver le désir en se lançant des défis du genre : peut-on rendre quelqu'un amoureux à coup sûr ? Ce qui est justement le thème de l'Opéra «L'Elixir d'amour». En fait ces deux personnages oscillent perpétuellement entre la vengeance et la reconquête.

Il est psychanalyste, elle est avocate. Des choix qui ne sont probablement pas innocents...
Ce sont effectivement deux professions qui non seulement montrent un intérêt aux autres en tentant de démêler leurs problèmes, mais qui poussent au sur-contrôle de soi. De ce fait leur amour est placé sous le signe de l'ambivalence, entre égoïsme et altruisme. Elle est une femme blessée, supérieurement intelligente, prenant des risques ; au fond elle se révèle une aventurière. Lui a l'illusion de tout comprendre des méandres de l'âme humaine, mais, abusé par son statut de psychanalyste et sa confiance en lui, il ne se rend pas compte qu'on peut le berner assez facilement.

Est-ce un leurre pour le philosophe que vous êtes, que de croire en l'amour ?
Le problème est que nous attendons quelque chose de l'amour, alors que c'est l'amour qui attend quelque chose de nous. L'amour arrive à être parfait, inconditionnel, quand il se passe de sexualité, car il y a alors un investissement complet de notre intelligence, de notre réflexion, de notre tolérance... Il ne suffit pas d'être amoureux pour aimer.

Votre partenaire est Marie-Claude Pietragalla. C'est pour le moins inattendu ! D'où vient ce choix ?
C'est totalement irrationnel ! Steve désirait que je crée moi-même le texte avant de le confier à d'autres comédiens. Puis il m'a demandé de quelle femme je pourrais être amoureux. Sans réfléchir, j'ai répondu Pietragalla ! Nous nous connaissions déjà un peu et nous savions, sans trop savoir quoi, qu'un jour nous aurions quelque chose à faire ensemble. Maintenant, au fil des répétitions, je confirme !

Marie-Claude Pietragalla est Louise
Danseuse étoile, chorégraphe et maintenant à la tête de votre propre compagnie, qu'est-ce qui vous a conduit à cette nouvelle aventure : le Théâtre ?
J'ai rencontré Eric-Emmanuel Schmitt cet été au Festival d'Avignon où nous présentions avec Julien Derouault, Etre ou paraître sur des textes d'Aragon, et une adaptation des «Chaises» de Ionesco. Deux spectacles qu'il est venu voir et à la suite desquels nous avons décidé de nous revoir. Sans ça, étant une de ses lectrices, je le connaissais depuis longtemps par l'intermédiaire de ses livres.

Vous qui les aimez, vous voici face à un nouveau défi !
C'est même pour moi un double challenge que de monter sur scène au théâtre et qui plus est de jouer dans une pièce à deux personnages, face à l'auteur. C'est quand même assez rare ! Et puis je vais aussi découvrir ce qu'est le rapport quotidien avec le public, la manière de gérer ce rythme là. Je suis très curieuse de tout ça.

Il s'agit au départ d'un roman épistolaire, lequel sous des dehors très naturels, est mûrement travaillé. Maintenant adapté pour la scène, à Steve Suissa de le mettre en musique. Vous allez découvrir une autre façon de travailler, un rapport plus intime avec le public...
Il est vrai que c'est très différent de lire un roman et de se mettre les mots en bouche. Eric-Emmanuel et Steve étant tous les deux très ouverts, rien n'a été imposé de manière arbitraire, nous sommes dans un véritable échange. Ce qui n'empêche pas que je suis très respectueuse de l'auteur et de ce qu'il a écrit. Pour le reste, ce couple étant éloigné géographiquement et la scène offrant un espace relativement étroit, il y a un ton à trouver, tout en travaillant de la manière la plus sobre et la plus claire possible pour les spectateurs, de façon à donner l'impression que chacun possède son univers. Dans ce théâtre de quatre cents places, du fait que l'on soit deux sur scène, du fait de l'histoire même, très intime, je pense qu'il y aura une belle qualité d'écoute, un écho vers le public, un échange. C'est un exercice très particulier et très intéressant pour moi.
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 21/01/2015

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