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D.R.


Delphine Depardieu
et «La Pèlerine écossaise» au théâtre Daunou
De cette œuvre de jeunesse de Guitry -l'une des préférées de l'auteur- jouée pour la première fois en 1914 et peu reprise, de son métier, de ses projets, Delphine Depardieu a mille choses à dire.
L'argument de la pièce est aussi simple qu'éternel : Mariés depuis six ans Philippe et Françoise, amoureux et certains de s'appartenir pour la vie, sont pris dans le ronron du laisser aller. Lui dans son veston négligé, elle une vieille pèlerine sur les épaules, à quoi bon s'efforcer de séduire encore ? Seul compte, lorsqu'ils sont seuls, le confort. Jusqu'au jour où...

Mais lorsque Guitry scrute la banalité, c'est du champagne qu'il nous sert. Ravissante et joyeuse, Delphine Depardieu le savoure ce champagne, et du rôle qu'elle répète on ne peut que penser qu'il lui ira comme un gant. Ancienne élève de Jean-Laurent Cochet, tout comme le fut son partenaire Arnaud Denis, concernant Guitry elle a été à bonne école. « C'est vrai et c'est formidable que Pierre Laville m'ait choisie pour former ce couple avec Arnaud dont j'admire énormément le travail. C'est un garçon raffiné, respectueux et très professionnel. Lui et moi venons du même moule, nous parlons la même langue. Quant à Marcel Philippot et Serge Ridoux, ils sont merveilleux de gentillesse et de bienveillance. Ça calme les angoisses ! Guitry ? C'est un bonheur, un honneur de dire ses phrases pleines d'esprit. On se sent plus grand ! On devrait encore parler comme ça aujourd'hui, faire travailler notre cerveau pour trouver le bon mot, ce serait tellement mieux ! J'aimerais tellement que l'élégance revienne aussi à la mode ! »

Le texte, les mots, c'est du noir sur du blanc, c'est du papier, ça ne vit pas...


Sa récente nomination comme meilleure actrice dans un second rôle au Southampton International Film Festival pour Hasta manana la remplit de fierté « C'est très flatteur venant des Anglais ! » Sans crainte de les faire fuir elle évoque aussi ses projets... «Un comédien qui n'a pas de projets perd sa lumière. »

Certains sont encore des rêves, jouer de beaux textes ou de belles histoires qui vous transportent, comme savent en écrire Florian Zeller ou Alexis Michalik. Anouilh aussi, Beckett, Koltès... Car, « Si l'on joue pour raconter une histoire au public, on le fait aussi pour s'ouvrir soi-même, pour se permettre, avec l'excuse du masque, de faire des choses que l'on n'oserait jamais faire dans la vie. On s'y croit comme disent les enfants, et plus on s'y croit plus le public va prendre du plaisir ! Sinon le texte, les mots, c'est du noir sur du blanc, c'est du papier, ça ne vit pas. » D'autres sont en cours, « Le dernier baiser de Mozart, d'un auteur qui s'appelle Alain Teulié. Il s'agit d'un mystère autour du Requiem, c'est magnifique ! Je serai Constance et Raphaëlle Cambray devrait faire la mise en scène, mais nous cherchons encore le comédien. J'ai aussi sous le bras Eva Peron de Copi que Philippe Chemin mettra en scène. Ce serait génial, Guitry, Constance Mozart et après Copi ! Il faut se battre, mais il n'y a pas de raison pour que ça ne se monte pas. J'ai toujours voulu faire ce métier et je voudrais le faire toute ma vie, comme Danielle Darrieux, ou Gisèle Casadesus qui à cent ans est sur scène, belle et en forme. Un rêve... »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 23/11/2014

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