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© Bruno Perroud


Le Joueur d’échecs
au théâtre Rive Gauche
Evoquant ce récit achevé quelques semaines avant son suicide au Brésil, Stephan Zweig reconnaissait la difficulté qu'il avait eue à lui trouver un dénouement «psychologiquement plausible et plutôt optimiste».
Cette «petite nouvelle sur les échecs», inspirée par un manuel qu'il avait acheté «pour meubler sa solitude», ainsi que par la rencontre, qu'il fit sur un paquebot le conduisant de New-York à Buenos-Aires, d'un architecte juif Allemand, avec lequel il se lia d'amitié, est passionnante et se distingue de l'ensemble de son œuvre, tant par le fond que par la forme.

Sur un paquebot qui le conduit en Argentine, en compagnie de son épouse et d'un ami, l'attention du narrateur est portée sur Czentovic, jeune champion du monde d'échecs rustre et intellectuellement limité auquel, après nous avoir relaté sa vie, il voudrait se mesurer pour comprendre. Arrive un ingénieur écossais imbu de lui-même. Des parties d'échecs s'engagent sous la présence muette d'un certain Monsieur B, avocat Autrichien raffiné, sorti des griffes de la Gestapo. Lequel raconte son histoire au narrateur, frôlant progressivement les confins de la folie. Le suspense plane qui nous conduira à la partie finale entre le champion et l'avocat.

En adaptant ce récit dense et allégorique qui oppose culture et barbarie, Eric-Emmanuel Schmitt mêle judicieusement des éléments de vie de l'auteur et amplifie la présence de Lotte, son épouse, par le biais de commentaires en voix off. Sur scène, la partie est gagnée de main de maître. Dans une belle mise en scène de Steve Suissa, Francis Huster passe d'un personnage à l'autre avec maestria. Il est magistral.
Zoom par Jeanne Hoffstetter
Paru le 27/11/2014

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