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Andréa Ferréol
D.R.


"Quatre minutes" au théâtre La Bruyère
La version théâtrale adaptée du film de Chris Krauss par Sylvia Roux et Nycole Pouchoulin, est mise en scène par Jean-Luc Revol. Andréa Ferreol, Pauline Leprince, Laurent Spielvogel et Erick Deshors en sont les interprètes.
La pièce :

Deux femmes hantées par un passé tragique enfoui sous les non-dits, se rencontrent en prison. L'ainée y enseigne le piano, l'autre, jeune fille violente et rétive accusée de meurtre, témoigne d'un don exceptionnel qui fera naître chez la première une idée fixe : Tout mettre en œuvre pour faire sortir son élève de prison le temps de présenter le concours du conservatoire.... Dès lors s'établit entre elles une relation étrange et conflictuelle marquée du sceau de leur passé respectif. Leur passion commune pour la musique pourra t-elle les affranchir de leurs chaînes ? L'issue explosive de « Quatre minutes » apportera la réponse...

Andréa Ferréol
est Mme Krüger, le professeur de piano.


Nous sommes en juillet. Elle tourne en province «L'heure de Juliette» pour France 3. A peine aura t-elle terminé qu'elle commencera à Paris les répétitions de «Quatre minutes». La pièce est rude, le rôle subtil et difficile, mais les défis ne font pas peur à Andréa Ferréol. «C'est effectivement un rôle intense et très important pour moi car il y a longtemps que je n'en ai pas eu un aussi complet et aussi fort. Mme Krüger doit laisser entendre, sans en révéler la cause si ce n'est vers la fin, que sa rigidité cache une grande douleur liée à son passé. C'est une histoire terrible sur l'amour de la musique et les relations humaines entre personnes profondément blessées.

La musique est sa vie, elle avait même été une élève de Furtwängler. Dans cette prison elle a quelques élèves dont le gardien, qui a un rôle important. Un jour on lui envoie une jeune fille accusée de meurtre, très agressive, violente, mais passionnée par la musique elle aussi, formée très jeune aux concours et particulièrement douée. Mme Krüger n'a alors de cesse de tenter de l'apprivoiser, de la faire travailler, tout en exigeant d'elle politesse et discipline, ce dont elle est incapable. Les quatre rôles sont superbes, lorsque le père arrive... Mais il ne faut surtout pas révéler trop de choses ! Pauline qui tenait tellement à jouer Jenny s'est battue pour que ce projet existe, elle a appris le piano pendant longtemps car nous aurons sur scène un très beau piano et elle jouera en direct du classique.

Le théâtre est un art très difficile, mais lorsque l'on réussit, lorsque le public est heureux, qu'il ne regrette pas d'être venu, alors quel bonheur ! Donc maintenant, je vais me reposer quelques jours, nager, lire, écouter de la musique classique, de l'Opéra, et apprendre mon texte. Ensuite, comme on dit : Inchallah, il n'y aura plus qu'à... »


Erick Deshors
est M. Mutze, le gardien


Si nous le voyons sur les petits et grands écrans, le comédien n'a pas remis les pieds sur scène depuis «Hedda Gabler», mis en scène par Roman Polanski «Un véritable génie. Si je pouvais ne faire que du théâtre ! Mais les circonstances de la vie ont fait que...» dit-il.

Au sortir d'une répétition ses yeux azur autant que ses propos disent son bonheur de retrouver les planches avec une telle pièce, avec une équipe qu'il connaît bien et retrouve avec plaisir. « La pièce est terrible oui, mais belle, sensible, et pose de vraies questions. C'est un hymne à l'art et au fait que la vie est plus forte que tout, qu'il faut aller au bout de son rêve. Je suis le gardien et moi aussi j'aime la musique, ma fille joue du violon, et j'aimerais aussi être un artiste mais je suis un besogneux, assez bas de plafond, contraint d'appliquer le règlement. Il fait sourire au fond, sans le vouloir, malgré les apparences c'est un gentil et j'ai toujours de la tendresse pour ces personnages-là. Nous sommes avec Mme Krüger dans un rapport de dominant-dominé, elle me rabaisse sans arrêt.

A la fin il y a une scène terrible entre nous qui risque de me coûter mon travail, mais paradoxalement je l'admire, j'éprouve presque envers elle un sentiment amoureux que je cache. Jenny elle, est une sorte de Nikita pianiste, sa violence et son passé supposé me fascinent. C'est une instinctive, complètement bousillée, elle aime la musique mais pas celle pour laquelle elle a été formatée, elle veut être libre d'improviser et c'est un problème. Avec elle, j'essaie d'être le dominant. M. Mutze est important et ambigu dans le rapport qu'entretiennent Mme Krüger et Jenny. Je dois lui donner des couleurs, de ne pas rester dans le stéréotype, penser à toutes les sous actions, et être juste. Mais je sais qu'avec Jean-Luc nous sommes sur la même longueur d'ondes, c'est précieux. Voilà, ce n'est pas tant que c'est difficile, mais pour devenir un acteur, ça prend du temps ! »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 01/10/2014

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