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© Bruno Perroud


Marina Vlady
au théâtre 14
Qu'elle joue, écrive ou chante, Marina Vlady poursuit son chemin d'artiste, et pour sa plus grande joie, elle retrouve Marcel Maréchal, lequel se penche à nouveau sur «Le Cavalier seul» d'Audiberti, «une œuvre qui le hante » depuis longtemps.
La jeunesse qui habite ce regard bleu et ce sourire frappe d'emblée et nous suit lorsqu'elle raconte le bonheur qu'elle éprouve à retrouver Marcel Maréchal sous la direction duquel, et avec lequel, elle avait joué «La Cerisaie». «J'ai adoré jouer avec lui, c'est l'un des seuls acteurs à avoir compris le personnage de Lopakhine, son énorme tendresse, l'amour qu'il porte à Lioubov depuis l'enfance. On a rarement joué Lopakine en France comme un tendre, mais avec lui l'humanité du personnage ressortait vraiment, en même temps que la facette comédie revendiquée par Tchekhov.»

Il y a quatre ans elle jouait «Les dames du jeudi», de Loleh Bellon aux côtés de Catherine Rich et Annick Blancheteau, l'an passé les éditions Fayard publiaient «C'était Catherine B», un bel hommage teinté de l'amitié profonde qui l'unissait à Catherine Binet, réalisatrice et compagne de Georges Perec, trop tôt disparue. Aujourd'hui Marina Vlady rencontre pour la première fois Audiberti. « En fait, je joue trois rôles complètement différents dans les trois actes. Vous imaginez comme c'est passionnant à travailler ! » Pour nous, il est heureux de retrouver, ou de découvrir, à travers cette épopée si chère à Marcel Maréchal, un auteur inclassable, poétique et baroque. Pour la comédienne, se colleter à un tel texte l'enthousiasme, malgré la difficulté que cela suppose.

De ce point de vue on situe Audiberti entre Shakespeare et Claudel


Comment parler de ce «Cavalier seul» ? En quoi cette pièce la touche t-elle ? « Elle est superbe, à la fois violente et burlesque, mais difficile à raconter. Au temps des croisades un jeune homme part seul à la guerre et arrive à Jérusalem... C'est une pièce très critique au fond, sur les excès auxquels peuvent conduire les religions. La foi, c'est autre chose, chacun est libre d'avoir sa foi. Moi par exemple j'ai été élevée par ma grand-mère, très croyante, qui m'emmenait tous les jours à la messe orthodoxe, au milieu de toutes ces dorures. C'est peut-être ça qui m'a dégoûtée, j'y ai vu un côté théâtral, fabriqué, qui m'a sans doute poussée au scepticisme. Alors la pièce m'a fait rire. Moi qui suis athée, j'envie les gens qui ont une foi réelle.

Ça facilite beaucoup la vie quand on traverse des deuils, des chagrins... Pour revenir au texte, il est effectivement difficile à apprendre car la langue d'Audiberti est très particulière, poétique, élaborée, mais aussi très drôle. Ça n'est pas : Passe moi le sel ! On ne peut pas changer une virgule, intervertir un mot, comme souvent dans les pièces modernes. D'ailleurs, de ce point de vue, on situe Audiberti entre Shakespeare et Claudel, et moi qui ai joué Hamlet je sais ce qu'est le verbe Shakespearien ! Là, je ne sais pas encore quelles seront les couleurs que Marcel donnera à ce «Cavalier» puisque nous commençons les répétitions aujourd'hui, mais je peux vous dire que je suis plongée dans Audiberti jusqu'aux oreilles depuis plusieurs mois et que c'est formidable ! »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 31/05/2014

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