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© Laurencine Lot


Francis Lombrail
en son théâtre
Directeur depuis le 15 octobre dernier du théâtre Hébertot, Francis Lombrail entend y apporter ses moyens, sa passion, son exigence. Grands textes et illustres comédiens ont donné vie à ce théâtre, et c'est dans le respect de ce passé prestigieux que le nouveau directeur s'est mis à la tâche.
Francis Lombrail en quelques mots : après des études de droit et d'histoire de l'art, ce sympathique bordelais devient commissaire priseur, amateur d'art contemporain, son rêve en embuscade. L'œuvre serait de Bacon, qui le fascine. Il cherche, patiente, vingt ans plus tard, en 1993, elle est là, devant lui, à vendre. C'est un triptyque de 1963 : portrait de George Dyer. Malgré une baisse notable du marché de l'art suite à la guerre du Golfe, son prix est très élevé, mais il la veut. Pour ce Bacon, il vend sa collection. Ainsi est cet homme. Son autre passion, le théâtre, ne date pas d'aujourd'hui. Il est aussi comédien, auteur depuis peu, et lorsqu'Eric-Emmanuel Schmitt rachète en janvier 2012 le Rive Gauche, il partage pour moitié l'aventure, avant de poursuivre, seul, une autre route. D'emblée son ambition est affichée, la barre sera haut placée.

«Le père» avec Robert Hirch, Grégory Gadebois et «Des fleurs pour Algernon», «Le roi se meurt» avec Michel Bouquet, des reprises de haut vol pour votre prise de pouvoir. Comment envisagez-vous la suite ? Quels sont vos projets pour la rentrée ?
J'ai repris un théâtre en grande difficulté et nous n'avions que quinze jours pour trouver une programmation. Il était donc impossible d'imaginer des créations. Mon désir est de panacher le contemporain et le Répertoire bien que je ne puisse pas traiter les grands classiques comme si je dirigeais un théâtre public. Mais je vais essayer de les aborder. J'aimerais bien travailler avec Martinelli ou Didier Bezace, par exemple. Tout en cherchant de nouveaux textes susceptibles d'engendrer des créations. La rentrée se fera, selon les horaires, avec Catherine Hiegel et «La mère» de Florian Zeller, qui est un pur chef-d'œuvre ne pouvant être interprété que par un stradivarius. Une pièce avec Raphaël Personnaz, Thierry Frémont, Elodie Navarre, Roxane Duran, à laquelle je participerai : «Les cartes du pouvoir» de Beau Willimon. Nous avons racheté les droits de Farraguth North (qui a donné naissance au film de Clooney «Les marches du pouvoir.») et nous avons adapté la pièce. Dès 2015 ce sera «Les lois de la gravité» d'après un roman de Jean Teulé, avec Dominique Pinon, Florence Loiret-Caille et une pièce de David Lindsay Abaire, Good people (Des gens bien), avec entre autre Miou-Miou, Brigitte Catillon et Patrick Catalifo dans une mise en scène d'Anne Bourgeois.

La perméabilité entre théâtre public et privé est souhaitable, selon vous...
Indispensable. On connaît surtout les metteurs en scène du théâtre public, pratiquement pas les grands comédiens qui s'y produisent. Je pense que le théâtre public aurait beaucoup à gagner avec le théâtre privé, et inversement. La richesse des uns et celle des autres créent la substantifique moelle.

Grand connaisseur et amateur d'art, des atouts que vous comptez mettre au service du théâtre ?
Je pense, par exemple, pour l'affiche de «La Mère» avec Catherine Hiegel, à un tableau de Fernand Khnopff, grand symboliste Belge... Je m'intéresse à tout ! Scénographie, photos, affiches, lumières... Pour moi, le théâtre est un échange, j'aime qu'on m'écoute et j'écoute les autres. L'interactivité des arts ne peut être que bénéfique pour les artistes, et le public.

Vous avez un objectif : l'excellence à tous les niveaux. Un équilibre difficile à tenir avec la rentabilité...
Je tiens à rester en accord avec moi-même. Le jour où je serai obligé de prendre une pièce dans le seul but d'apporter de l'argent à mon théâtre, j'arrêterai ! Ce qui m'intéresse c'est que le public soit enrichi par une œuvre. Et que notre théâtre soit fort de son public, son écoute, ses critiques, son rire ou ses pleurs. Et je dois aussi parler de mon formidable administrateur Stéphane Prouvé car ce théâtre est une hydre à deux têtes !

Et pour dîner agréablement avant ou après le spectacle... Le Caffé Bini

« Le foyer est maintenant très agréable, nous avons installé une très belle terrasse. La restauration servie est simple. Elle n'est pas faite sur place, bien sûr, mais elle est néanmoins de grande qualité car uniquement réalisée à base de produits frais, par un excellent professionnel italien, propriétaire de la Casa Bini. »
Dossier par Jeanne Hoffstetter
Paru le 03/06/2014

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