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D.R.


Christophe Malavoy
au théâtre de Paris
Mis en scène par Niels Arestrup, le comédien reprend «Big apple» aux côtés de Marianne Basler. La pièce d'Isabel Le Nouvel avait obtenu un grand succès en début d'année, au théâtre de L'Ouest Parisien.
Quel est, selon vous, le thème principal de Big apple ?
Je le résumerais par une phrase de mon personnage : « Combien de fois, dans une vie, on a le courage d'être vraiment soi-même ? » Isabelle Le Nouvel nous interroge sur notre sincérité. Tant sur notre façon de vivre ou de faire semblant de vivre, que sur notre façon d'aimer et d'être aimé. La mort qui attend Brod -parce qu'il choisit de mourir dignement, dans l'honnêteté et l'amour le plus sincère nous touche au plus profond car il incarne ce que nous ne voulons pas voir : notre fin de vie.

Que diriez-vous aux lecteurs qui, face à ce thème délicat, hésiteraient à voir la pièce ?
Qu'elle est avant tout, à mon sens, une formidable histoire d'amour, une leçon de vie. Comment ne pas être touché par cette femme et cet homme qui réinventent leur amour, qui découvrent une vie nouvelle, qui deviennent véritablement eux-mêmes, qui donnent toute la force et la faiblesse de leur nature pour affronter le drame qui les lie, les submerge et les grandit tout à la fois ? C'est le rôle du théâtre que d'émouvoir, mais aussi d'apporter une réflexion. Le théâtre est un rassembleur d'âmes, et cette pièce, particulièrement, nous rapproche de l'humain et nous rassemble.

Aborder la maladie, la mort, l'amour, est quelque chose de personnel. De quelle manière ce texte a t-il su vous réunir tous les trois ?
Je suis très heureux de partager ce texte avec Marianne Basler qui est une comédienne au registre très complet. Elle a, de plus, ce que beaucoup cherchent sans jamais l'atteindre, la grâce. Nous abordons le théâtre, me semble-t-il, avec le même souci de vérité et d'intégrité. Il est indispensable de former un couple très « vrai » pour donner toute la mesure de la pièce. Niels Arestrup nous a conduit dans cette exigence et cette vérité sans lesquelles l'émotion ne peut naître. Nous nous sommes réunis dans cette dimension physique et charnelle où le jeu est dénué de commentaires, d'effets, de faux-semblants. Ne pas tricher, ni avec le public ni avec soi-même.

Vous avez incarné les héros romantiques, les aventuriers, le drame, la comédie, les classiques, les modernes. Le rôle de Brod représente t-il une difficulté particulière ?
La seule difficulté au théâtre, c'est d'être vrai. Pour le personnage de Brod, l'homme du début ne ressemble en rien à l'homme de la fin de la pièce. Ils ne parlent pas le même langage, ne marchent pas de la même façon, n'ont pas le même regard sur la vie et l'amour... et cependant, c'est bien le même homme qui quitte sa maison à la fin et ne reviendra pas. L'enjeu dans le drame, c'est de ne pas être ému soi-même par son propre sort, mais c'est que le spectateur le soit et se mette à votre place.

Vous avez mis en scène «Madame Butterfly» de Puccini. Aimeriez-vous à nouveau mettre en scène un opéra ?
J'ai pris beaucoup de plaisir à mettre en scène cet opéra de Puccini. Je serai bien sûr très heureux de renouveler l'expérience. Un opéra de Verdi par exemple, que j'aime beaucoup.
Interview par Jeanne Hoffstetter
Paru le 07/05/2014

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