Connexion : Adhérent - Invité - Partenaire
Accueil Qui sommes nous Nos services Comment adhérer Questions courantes Contactez nous

© Bruno Perroud


Didier Sandre
au théâtre du vieux Colombier
Cela fit du bruit, Didier Sandre pensionnaire du Français ! A trois reprises il avait opposé un refus à la Maison de Molière, ce n'était pas son univers. Aux règles imposées, l'acteur préférait l'aventure, mais le voici à l'affiche de «La visite de la vieille dame de Dürrenmatt»...
Il y a deux ans, alors que s'amorçait l'un des plus beaux succès théâtraux de ces deux dernières années : Collaboration, il nous parlait de ce grand écart qu'il aimait faire entre subventionné et privé, classiques et modernes, évoquait la fable Le chien et le loup. Le chien beau et gras, certes il l'enviait lui le loup efflanqué, seulement voilà, pour vivre en sécurité encore fallait-il porter un collier et renoncer à battre la campagne... Jolie métaphore. Qui reconnaitrait le loup efflanqué en ce beau et chaleureux comédien ? Il rit « Voilà ! J'ai fini par accepter le collier, bien que cette fable me hante toujours. » Curieux de cette vie qui l'attend il en parle de bonne grâce, revient sur les expériences humaines qui, à travers sa vie d'acteur l'ont nourri. « Quand j'ai commencé au théâtre c'était les gens du TNP qui mettaient pour moi des étoiles dans le ciel. C'était Gérard Philipe, Jean Vilar, Daniel Sorano, Maria Casares... J'ai eu envie des les rejoindre. » Et puis Chéreau, Strehler, Vitez... Des hommes, leur univers, leur sensibilité, de si beaux rôles aussi dont l'empreinte, sans doute, demeure.

Etre déstabilisé est toujours créatif


« Je n'ai jamais pensé en terme de rôles. Mais on est traversé par tous ces personnages, tous ces auteurs qui ont coloré votre voix, votre corps, votre visage... Une vie d'acteur finit par vous constituer. Ces deux dernières années ont été une expérience profonde à la fois par cet accident qui m'a contraint à travailler autrement, et par la belle histoire d'amitié qui s'est nouée autour de Collaboration. Une pièce qui touche à tout ce que j'aime : la littérature, la poésie, la musique, l'Histoire, les valeurs et l'humanisme, tout ce qui est aujourd'hui en perte de substance dans nos fonds d'acteurs. » Profondément déçu par les propositions qui s'en suivirent, Didier Sandre se décide à rejoindre les pensionnaires du Français. « J'ai pensé qu'il n'y aurait pas une cinquième proposition ! Que je connaissais peu la Comédie Française, le Répertoire, que Molière n'était pas mon auteur favori... Donc me dire qu'après quarante cinq ans de travail, j'ai tout à apprendre, que s'ouvre pour moi une page blanche, tout d'un coup j'ai ressenti un énorme enthousiasme. Depuis je suis en apprentissage, en observation de cette drôle de Maison, on verra... C'est bizarre d'être au Vieux Colombier, pourtant je suis assez fier d'affirmer mon entrée avec deux petits rôles dans un spectacle de troupe. C'est très déstabilisant, mais être déstabilisé est toujours créatif. » La visite de la vieille dame ? « C'est un conte, une pochade. Les personnages n'ont pas d'autre substance et réalité psychologique que ce qui se passe sur le plateau. » Un rôle magnifique pour Danièle Lebrun, et pour lui en septembre la scène de la salle Richelieu où, vêtu des habits d'Orgon, il jouera Tartuffe. « J'ai envie de me frotter à ce rôle-là. Il y a un côté Tchekhovien dans Tartuffe, ça me plait ! »
Portrait par Jeanne Hoffstetter
Paru le 19/03/2014

-
Haut